dimanche, 10 février 2008

Brillante Europe

Cette année, la grande exposition prestigieuse de l’Espace culturel au Mont des Arts à Bruxelles a pour nom : Brillante Europe. Elle s’inscrit dans le cadre d’Europalia.europa.

Le propos de cette manifestation n’est pas uniquement d’amuser les Imbéciles Heureux, non. Il s’agit aussi de retracer l’histoire de huit cents ans de joaillerie royale, impériale ou plus simplement nobiliaire. Après le bas Moyen-Âge, la cour bourguignonne s’impose comme la plus riche d'Europe à partir de la fin du XIVe siècle, par la finesse et la délicatesse des bijoux qu’elle arbore : camées, diadèmes et couronnes, bagues avec portrait (Jean sans Peur, pour n’en citer qu’un…), chevalières, fermaux (Dont une reproduction des fameux Trois Frères, bijou auquel Charles le Téméraire prêtait des vertus miraculeuses et qui lui aurait été volé la veille de sa première bataille contre les Suisses...), agrafes de chapeau ou : aigrettes (Le Federlin, bijou ayant également appartenu à Charles le Téméraire), etc.
La Renaissance ne renie pas la valeur symbolique des objets de joaillerie : en Angleterre surtout, la reine Elisabeth a à cœur de se parer de ses plus beaux atours pour asseoir son prestige, qu’elle se doit de soigner tout au long de son règne. On peut admirer le Drake Juwel, admirable pendentif en or, rubis, onyx et émail (Qui n’est pas un synonyme de : courriel !) avec miniature du portrait de la souveraine, que cette dernière offrit en signe de gratitude au fameux vainqueur de l’Invincible Armada.
L’époque suivante est celle de la Contre-Réforme. L’Eglise et ses défenseurs créent un art, le baroque, censé lutter contre le protestantisme qui fait florès partout en Europe. Les Habsbourg, champions de la Contre-réforme, font produire des bijoux d’une exceptionnelle qualité. Louis XIV ne demeure pas en reste ; sa cour est la plus brillante du monde. A partir de 1715, date de la mort du Roi Soleil, Versailles devient un lieu de plus en plus coupé du monde réel. La noblesse dépense des sommes folles en objets de joaillerie de toute sorte. Marie-Antoinette, dépensière, est connue pour avoir été mêlée dans l’affaire du collier. En Pologne, Auguste III accorde beaucoup d’importance à sa mise. Frédéric II de Prusse et Catherine la Grande en Russie, en despotes éclairés qu’il furent, imitent leurs voisins occidentaux.
Après la Révolution française, Napoléon Bonaparte et la noblesse d’empire vont faire prospérer les ateliers parisiens. La transition vers la Restauration ne causera d’ailleurs pas trop de dommages au secteur, au contraire de la Révolution de 1830 ; les coquettes attendront plusieurs années avant de vouloir à nouveau se parer de précieuses pierreries.

On constate que les cours européennes ont toujours aimé être coiffés de somptueuses couronnes, qui suivent le cours de la mode et traduisent de nombreux symboles religieux, politiques, militaires, voire philosophiques. Le port des bijoux répondait à un code très strict, en respect des rangs et circonstances.

L’exposition donne à lire des explications fort didactiques. L’aspect posh du lieu (L’Espace culturel ING avait déjà organisé voici deux ans l’exposition fameuse sur les oeuvres de Fabergé et surtout les célèbres œufs !) peut émerveiller ou exaspérer ; il est vrai que peu d’évènements culturels font étalage d’autant de luxe, ce qui plaît au public cible principal de la rétrospective : les admirateurs des têtes couronnées et des grands de ce monde. En gros, Il ne faut pas être allergique à Place Royale.
On s’y amuse toutefois beaucoup, et les œuvres exposées méritent d’être vues au moins une fois dans sa vie, pour qui est de nature un peu curieuse bien entendu.

A voir pendant une semaine encore à l’Espace culturel ING, Mont des Arts, 6 place Royale à 1000 Bruxelles.

dimanche, 19 août 2007

Paris, en août

4h45 : Ô déplaisante sonnerie de portable ! A cette heure-ci, c’est carrément pas supportable, pire qu’une revendication flamande.

4h50 : Premier et dernier rappel : se lever maintenant, où alors je rate le train et adieu le Thalys. Ce qui, franchement, s’avérerait bien dommage.

5h10 : Lavé, habillé, éveillé dans une certaine mesure, du moins. Sac prêt, avec boisson, portefeuille (sans argent, fâcheux), chats encore endormis. On se met en route, en voiture ; à cette heure, je trouverai une place aux alentours de la gare.

5h18 : Dans le train, trois petites minutes avant son départ. La place se fait déjà rare, tandis que le jour n’est même pas encore debout. Les voyageurs occupent déjà de nombreuses places dans le wagon.

6h24 : Gare du Midi. Je vais rapidement chercher des sous au distributeur automatique. Il n’y a pas de queue, pour une fois. J’attends ma pote imbécile heureuse préférée, qui me rejoint quelques minutes plus tard, munie de la tête des grands jours, les yeux pétillants de vie et d’énergie.
Petit déj au Panos, viennoiseries bien grassouillettes, femme qui parle toute seule à portée de table, qui me déconcentre. Pas un exploit, compte tenu de l’heure, j’arrive péniblement à aligner deux mots, idem pour ma convive.

7h13 : Le Thalys démarre, et à vive allure il nous transporte vers Paris * C’est une blonde *. Dans le train, nous chantonnons quelques airs, péchés dans nos mémoires : « Le Gitan », « Et j’entends siffler le train » (De Richard Anthony, bien sûr !), « Avec le temps » (Pour mettre de l’ambiance ; bouge ton corps !), « San Francisco » (« C’est une maison bleue, adossée à la colline, on ne frappe pas, ceux qui vivent là ont jeté la clé… »), « Twist à Saint Tropez » (« Ca fait partie de l’ambiance ! »), « Oh ! Laura » (Plusieurs versions admises), … A force d’étaler notre répertoire : « Nostalgie, la légende », nous ne voyons pas le temps passer, nous sommes là.

08h38 : Dans le métro. Christelle s’étonne du bruit. Hé oui, par rapport au métro de Bruxelles, ce n’est pas aussi propre, aussi silencieux. Un temps d’adaptation, et Krikri se familiarise avec son nouvel environnement. Moi je suis déjà venu, je peux me la péter avec ma connaissance pointue du fonctionnement du métropolitain. C’est rare que je ne passe pas pour le provincial de service, autant en profiter !

09h00, environ : Nous sortons sous un ciel bleu timide, mais encourageant. D’après les sources de Krikri, on attend vingt-cinq degrés dans Paris ma bonne ville. La pyramide du Louvre nous accueille, elle et ses soi-disant 666 losanges et triangle, dixit Dan Brown. Il faudra un jour qu’on révèle aux fans de son livre qu’en réalité, le monument compte 673 panneaux vitrés, c’est le service de presse du musée qui l’assure. Je ne m’amuse pas à vérifier, je me prête plutôt de bonne grâce à une séance de photographies « made in Les Imbéciles Heureux © ».

09h30 : Arrivés devant le musée d’Orsay, après une marche « bellamente ». En chemin, j’ai remarqué que les affiches de cinéma ne reflètent pas une grande originalité. L’affiche du film « Rintintin » évoque davantage « Rex, chien flic » ou « Derrick ».
Face aux caisses du musée, une longue file de plusieurs centaines de touristes, la plupart, peut-être tous, d’origine étrangère.
Je me veux rassurant : « D’ici une vingtaine de minutes, nous serons dedans ! »

10h20 : Nous achevons juste de déposer le sac de Krikri au vestiaire. Le temps d’attente s’est prolongé au-delà de mes estimations, je bats m’a coulpe. Je n’en puis mais, n’est-ce pas ?
A l’intérieur, on commence par une recherche intensive des toilettes pour un pipi de confort, cette commission qui laisse le promeneur tranquille, grâce au confort offert par une vessie vide.
Ensuite, nous entamons notre tour, en commençant par les statues classiques d’artistes académiciens dans le grand hall. On s’amuse beaucoup à observer de près les vêtements des héros de l’endroit, et les attributs « virils » pour le moins modestes des nus masculins.
Au détour d’un corridor, nous entrons dans une exposition sur la main. Oui, la menotte, membre privilégié du cerveau (Ca ne s’invente pas !), qui en dit long, comme chacun s’en doute, d’ailleurs les photographes du XIXe siècle n’y sont pas allés de main morte, ils considèrent les pinces comme un élément à part entière, en tout cas c’est ce qu’on tente de nous faire croire, surtout quand on aborde la photographie d’un cheval, qui possède des jambes, en effet.
On comprend qu’on n’a pas grand-chose à attendre, main dans la main Krikri et moi nous prenons la tangente. On photographie une malheureuse qui se protège d’une rafale de phalanges, puis on poursuit notre tour. On s’arrête un bon moment devant un sol vitré sous lequel on retrouve une maquette du quartier de l’opéra. Ma copine, prise de vertige, n’ose s’aventurer au-dessus du monument miniaturisé, et lorsque je l’y entraîne (« Moi, j’ai peur de rien ! »), elle s’ingénie à marcher en suivant une des rainures métalliques.

11h30 : Moi, je fais plein de trucs, depuis ce matin. Alors là j’ai les dents. On visite encore un peu, on s’attarde devant Courbet, et puis on se met à la recherche du couteau et de la fourchette qui invite le visiteur à se rendre au restaurant du musée d’Orsay. Or, c’est décevant, ce restaurant : cher, et le menu n’a pas l’air top.
De guerre lasse, on rebrousse chemin. * Pour nos amis, c’est la consternation ! * On s’assied sur un banc, on se dit qu’on piquerait déjà volontiers un petit somme, une sieste profonde et délicieuse. On ne trouve plus le courage de visiter les galeries l’estomac vide.
A force, on trouve un soupçon de courage pour aller voir les impressionnistes. Bien nous en prend : sur le chemin, on tombe sur la brasserie qui propose une restauration rapide. Super, on va faire la queue, ça vaut la peine, c’est moins cher. En tout cas en valeur relative, car dans l’absolu, dix euros cinquante cents pour une lasagne (Pas plantureuse, oh que non !). Quant aux consommations, on entre carrément dans le registre du racket. Quatre euros un thé glacé, et autant pour un coca, ça va, il y a de quoi tenir un siège !
Après ce repas trop peu roboratif, je décide de prendre le dessert le plus lourd proposé : gaufre de Liège avec chantilly, chocolat fondu et crème glacée. Invraisemblable, gras, calorique, vulgaire, mais mangé sans rechigner.

14h00 : Séance de glandouille sur la terrasse panoramique, avec vue imprenable sur Montmartre, accessible uniquement en été. On se fait encore pas mal de réflexions sur les gens que l’on croise, puis on poursuit notre chemin, direction la galerie des impressionnistes à l’étage. On déborde d’énergie.

16h30 : On a quitté le musée, et après avoir failli perdre ma casquette à la suite d’un coup de vent farceur (Un sympathique touriste japonais aura la gentillesse d’arrêter la course folle de mon couvre-chef …), on embarque sur le bateau-bus. Service proposé par la ville de Paris, on bénéficie d’une remise substantielle en présentant le ticket d’entrée du musée d’Orsay. On embarque, et vogue la galère, on découvre les monuments. C’est la première fois que j’emprunte la Seine. Séquence émotion.

17h et quelque chose : On débarque à l’arrêt « Champs Elysées » (« J’m’balladais, sur l’avenue, le cœur ouvert à l’inconnu, j’avais envie de dire bonjour à n’importe qui. N’importe qui, et ce fut toi. » Genre : toi ou une autre, tu sais, finalement …) Christelle souffre des pieds, meurtris la veille par une paire de ballerines sanguinaires. On marche « bellamente », en tout cas je m’y emploie, mais pas toujours évident avec mes jambes de sauterelles. On progresse à son aise, à la recherche d’un endroit pour … manger. On subit de mauvaises influences, je crois, on ne songe plus qu’à son estomac on dirait ! Enfin, on jouit quand même aussi de notre parcours sur la plus grande avenue du monde (« Il suffisait de te parler, pour t’apprivoiser. » Genre : tu étais une fille facile dès le départ …).
Nous finirons par manger dans un fast-food belge, très sale par ailleurs.

19h15 : Métro, à nouveau. Ma pote semble à nouveau fort mal à l’aise. C’est vrai qu’ici il règne la saleté, la touffeur d’un réseau souterrain, la frénésie des gens pressés et pas forcément heureux de se trouver là.
On atteint donc la Gare du Nord avec plaisir. Là, on prend encore une consommation, vendue ici aussi à prix d’or (« Ah si j’étais riche ! »). On se bat un peu avec les pigeons, fort familiers dans le coin, puis on embarque. Notre voiture, comme c’est souvent le cas pour moi, nous attends à l’autre bout du quai.
Sur le chemin du retour, nos paroles perdront beaucoup en cohérence, mais nous rigolerons encore beaucoup, le tout en musique, car comme chacun sait, les belles histoires, en France, finissent toujours en chanson.

mercredi, 15 août 2007

Texte pour tous ceux qui aiment les calèches

Bruges, capitale des Ducs de Bourgogne, où se trouve le gisant dédié à Charles le Téméraire et sa fille, Marie. Bruges, ville emplie de monuments du moyen âge et de la Renaissance flamande, terre de canaux et de … calèches.
Bruges, où vous attendaient les Imbéciles Heureux, du samedi 04 août au dimanche 05 août, soit un week-end ou bien deux jours, pour les néophytes.

Nous partîmes cinq cents … non, pas autant. En fait, nous étions deux, le duo chic et choc, Krikri et votre humble serviteur. Le baromètre annonçait beau fixe, et il disait vrai, le bougre. La température tournait autour des vingt-cinq degrés, comme une mouche autour d’une poubelle pleine d’ordures et de vieille litière pour chats (Amis de la poésie, bonsoir !), degrés qu’un vent doux rafraîchissait de manière à ne pas incommoder les touristes dont nous avions pour quelques heures revêtus les oripeaux.
Oh ! J’aperçois quelque rabat-joie s’inquiétant du prix exorbitant qu’aurait coûté cette escapade fort confortable. Il pense : coût de l’hôtel, frais de déplacement, nourriture, … Je lui répondrai : nous profitions des fameux bons de réduction gracieusement offerts par le « Flair » (Je ne le lis jamais, mais mes amis qui rateraient pour rien au monde leur rendez-vous hebdomadaire avec leur magazine féminins préférés m’avaient tuyauté.) et grâce à mon « Go Pass », l’aller-retour jusque Bruges ne s’élevait qu’à la modique somme de neuf euros. Imbattable. En ce qui concerne la nourriture, nous avons par contre rencontrés quelques déconvenues, mais fort heureusement, nous ne sommes pas tombés sur des voleurs (* Clin d’œil – clin d’œil *). J’y reviendrai plus bas.

Sortis de la gare, nous nous dirigeons, chargés de nos valises, vers l’hôtel, « à cinq minutes du centre-ville ». Nous grimpons dans un bus « De Lijn » empruntant une bonne partie du chemin à effectuer, et nous descendons lorsque nous estimons avoir presque atteint destination. Ouais, mais ! on n’a pas le compas dans l’œil, nous autres Imbéciles Heureux, et du coup, on a quitté le bus un peu tôt. Du coup, on a pu encore trotter, tel un cheval tirant une calèche (Tu vois où je veux en venir ?) une bonne vingtaines de minutes. Notez, on aurez pu faire moins, mais alors on aurait dû être capable de lire un plan convenablement, or nous ne maîtrisons guère cet art.

L’hôtel, le « Medici » si je ne me trompe, est un établissement quatre étoiles (Si je ne me trompe pas non plus, merci de confirmer !). On s’y trouvait fort bien, effectivement, et Krikri apprécia tout particulièrement la climatisation dans la chambre.
Etant arrivés en début d’après-midi, nous avons vite gagné le coeur de Bruges, afin de profiter autant que faire ce peut de notre séjour (de deux jours). Nous marchons, sans bien nous repérer ; si la cité est magnifique, tous ses quartiers se ressemblent. Puis notre sens de l’orientation, vous savez bien, hein !
Arrivés après moult détours, nous … nous sommes assis sur la Grand-Place. Hé oui, nous avons beau eu avoir dressé une liste à la longueur considérable des activités culturelles à visiter sur place, musées, expositions et autres, la fatigue nous a empêché de réaliser ces grands projets. Le soleil briller en outre trop pour nous en priver. Puis, finalement, il existe quantité de guides sur Bruges à pied, mais aucun sur Bruges assis. Voici une idée, non ?

Par la suite, nous avons erré, assommés maintenant par la force du soleil. Nous avons passés un fort agréable moment dans le petit parc qui jouxte le musée Groeninge, renfermant une des plus belles collections au monde de tableaux de Primitifs flamands. Le ciel et l’herbe se répondaient par la pureté de leur teinte, l’un bleu profond, l’autre vert gorgé d’eau et de lumière. A ce titre, Bruges est un endroit extraordinaire, où prendre son temps, paresser sur un banc, sans rien faire se révèle un passe-temps délicieux, luxueux même. Hélas, peu de touristes semblent pouvoir ou vouloir se l’octroyer, si bien que parfois, il flotte un air de Disney Land de l’histoire, avec des milliers de fourmis désirant se rassasier des lieux sans prendre la peine d’en sentir son essence.

J’ai ensuite manifesté mon désir de voir la Piéta de Michel-Ange (Dite aussi : « statue blanche » ! * Je me gausse inside *) ; malheureusement, l’église Notre-dame n’était déjà plus accessible qu’aux fidèles. Nous avons donc résolu de revenir le lendemain et de nous offrir, à la place une promenade non pas en calèche (Ah, ça revient souvent dans le texte, ce mot, devinez-vous l’intention de l’auteur ?) mais en bateau sur les canaux. Là, le conducteur du bateau nous a donné d’obscures explications et commentaires (« Pour apprendre une langue, il faut apprendre des mots, et les mettre ensemble, chaque mot un à un. » Qui oserait prétendre l’opposé ?).

Enfin, après cette ballade apéritive, nous sommes allés nous sustenter. Le restaurant italien favori de Christelle fermé, nous avons cherché et trouvé un autre établissement. On est entrés, il y avait une petite file avant d’entrer. Le serveur, un gros garçon joufflu, peau et cheveux gras, nous a sifflé pour nous indiquer qu’une place et libre. Nous avons pris place et ravalé nos sarcasmes, et passé commande. C’est là qu’on a commencé à rigoler : le serveur ne parle quasiment pas un mot de français ni de néerlandais, juste l’italien, et nous avons eu la bêtise de demander deux Pisangs (Pour ceux qui ignore de quoi il s’agit, c’est un apéritif alcoolisé, vert, au goût de banane, qu’on sert généralement avec du jus d’orange.) Or, le serveur n’a rien compris. Il n’a d’abord rien apporté, genre : les clients vont peut-être oublier, puis quand j’ai réclamé il a amené … une assiette pleine d’olives, de morceaux de salami et de deux mini pizzas. Là je me suis levé d’un bond, j’ai tapé l’assiette sur le comptoir, l’air contrarié (Barre au milieu du front, sourcils très froncés et mâchoires en avant !), et ai expliqué qu’on n’en avait somme toute rien à fiche de son truc. L’autre serveur, qui parlait un peu mieux les langues que moi je connais, s’est alors pointé, mais n’a pas plus compris que le premier ce que c’était que du Pisang, sur quoi j’ai préféré annuler le tout. Dans un geste commercial, et pas voleur pour un sou car cet homme, je le crie ici haut et fort, n’était pas un voleur, ce Robin des Bois des temps modernes, m’a offert l’assiette d’antipasti.
Les pâtes à la carbonara, elles, n’ont pas traîné. Nous avions une faim de loup, on s’est jeté (Surtout moi !) sur le plat, et là grosse déception ! C’était infâme. Franchement, déjà à la maison il me semble impossible, à moins de souffrir d’une tare congénitale, de rater une sauce aussi basique. Alors dans un restaurant ! Et pourtant, là, ils ont réussi au-delà de toute espérance, on aurait juré manger des pâtes au plâtre, saupoudrées de deux tranchettes de jambon. Un pur délice. Mais, je le répète, ces gens-là n’étaient pas des voleurs.

Pour digérer, on a opté pour une sympathique promenade dans les rues quelque peu dépeuplées à la soirée tombée, avec un ciel aux tons tendres, parmi les odeurs tantôt musquées, tantôt chargées des émanations des pots d’échappement. Avant de nous accorder une Kwak frappée et une glace aux fraises de saison sur une des terrasses au pied du beffroi, que nous avons photographié sous tous les angles.
Puis retour casa, et dodo.

Le lendemain, après avoir mangé les croissants que Krikri avait eu la gentillesse de prévoir (Si tu penses qu’on ne traite que de bouffe dans cet article, tape 1 …), on est encore partis en goguette, flânant, et on s’est offert une petite promenade en … calèche ! Mais oui ! Krikri en mourait d’envie. On a donc, comme jadis, déambulé sur les pavés brugeois. Le gars a encore distribué pas mal d’informations sur les monuments divers de la ville, mais je ne l’écoutais pas.
Enfin, juste avant de récupérer nos bagages laissés à la consigne de l’hôtel, on a pu admirer dans l’église Notre-dame la statue de Michel-Ange. Une merveille, peut-être mal exposée.

Voilà encore un chouette souvenir pour nos heureux amis les imbéciles.

vendredi, 20 juillet 2007

Impensable Censure de Windows Live Spaces

Bonjour krikri45,

Nous avons trouvé des images exposant des parties génitales dans votre espace perso cravedkrikri. Veuillez supprimer ces images de votre espace perso dans les 48 heures, sans quoi il sera désactivé. Si vous avez des questions sur les types d'images autorisés dans Windows Live Spaces, cliquez sur le lien du Code de conduite au bas d'une page Windows Live Spaces.

Cordialement,
Service d'assistance à la clientèle de Windows Live Spaces

C'est le message qui a été envoyé voici quinze jours à ma pote Krikri. Cette dernière avait présenté le travail d'un collectif de modèles féminines posant parfois nues. Une manifestation artistique somme toute banale. Difficile dès lors, carrément impossible en fait, de ne pas voir dans ce message un scandaleux appel à la censure, un accès de puritanisme particulièrement indigeste du chef d'un espace virtuel abritant les blogs de la plupart des stars du X du moment.
Christelle, de peur de perdre l'ensemble de son espace perso, a obtempéré, faisant contre mauvaise fortune. Elle a donc supprimé les images "exposant des parties génitales", comme un censeur du XVIe siècle aurait farouchement défiguré une sculpture d'un maître de la Renaissance en apposant une feuille de vigne sur la zone la plus intime de son anatomie.

Hélas, l'affaire ne s'arrête pas là : le 18 juillet 2007, l'espace perso : http://cravedkrikri.spaces.live.com a été désactivé, sans autre forme de procès. La menace de suppression dans les quarante-huit heures par Windows Live Spaces a été mise à exécution, alors que Krikri s'était résignée à obéir à leurs exhortations.
Peut-être les intentions de Windows Live Spaces sont-elles a priori fort louables, et peut-être s'agit-il de protéger des âmes sensibles que cette nudité pourrait choquer. Peut-être.
Néanmoins les photos mises en ligne par Krikri sont des clichés artistiques, pris par le collectif : Suicides Girls (suicidegirls.com).
Il est dès lors parfaitement inacceptable d'exercer une quelconque censure sur un sujet purement artistique. Ces méthodes inquisitrices sont tout autant dangereuses que profondément inquiétantes. Selon votre logique, il serait parfaitement normal d'interdire l'affichage d'oeuvres de Botticelli, de Courbet, de Klein, d'Araki, ... soient des artistes mondialement reconnus (Liste non exhaustive !).
En outre, de quel droit Windows Live Spaces s'autorise-t-il à SUPPRIMER un espace perso, au lieu d'entamer une restriction temporaire, ou une mise en suspens ? Non, un blog qui représentait beaucoup pour son auteure est SUPPRIME : une somme de souvenirs, de sentiments, de découvertes, de réflexions. Ce que vous avez fait est honteux, nauséabond, fasciste. Aucun autre mot, sinon ces trois-là, ne me viennent à l'esprit.

Ma copine, qui ne se laisse pas abattre, a déjà reconstruit une nouvelle page : c'est que ça se passe. Ce n'est pas aussi bien ... c'est encore mieux !

mercredi, 27 juin 2007

With George Michael in his own rol (Special appearance)

Avant, moi j'aimais pas les grands concerts. Enfin, ce n'est pas tout à fait exact, j'avais pas envie d'y aller plutôt, il y a une nuance. Trop de gens, quel danger !
Mais ça, c'était avant que je n'accompagne ma pote Krikri voir le show de George Michael ce samedi 23 juin 2007 au Sport Paleis d'Anvers. On avait tout bien prévu pour passer une bonne journée. Indispensable prérequis, en effet, pour parvenir à me convertir en amateur de grands concerts.

Pourtant, L'organisation marchait sur la tête depuis le départ. Le concert devait se tenir à Werchter. Parfaitement inaccessible par les transports en commun. Donc Krikri et moi on aurait dû s'y rendre en voiture, avec moi au volant, puisque Christelle ne possède pas le permis. Or, chacun sait que moi et la conduite, pour le moment, on s'entend aussi bien que Marc-OIivier Fogiel et Philippe Bouvard. M'enfin, les choses s'améliorant petit à petit, je me préparais psychologiquement, quitte à faire le trajet par étapes (Genre voyage Mons - Turin, sauf que tu retires environ mille cinq cents kilomètres et que le compte y est. Le mec méga motivé !) et je m'en sentais capable, même si bon, voilà ! (Tu suis ?)
Par chance, nous n'eûmes pas à recourir à un quelconque subterfuge, c'est George Michael himself qui s'en est chargé : voilà qu'on apprend, quasi en last minute, que ça se fera plutôt à Anvers qu'à Werchter (Genre : "Allo Coco, c'est quoi, Werchter, un camping ? Moi je veux un truc plus luxe. Oui, là où on est allés l'année passée, c'était pas mal. Mais il existe encore au moins ce pays ? Qui ? Didier Reynders et ... ? Yves Leterme ? Never heard of him !"). Pourquoi ce changement ? Mystère. Mais on soupçonne une incapacité du beau leader de feu Wham d'avoir été incapable de remplir le site de Werchter, soit le chiffre coquet de soixante-cinq mille âmes. Enfin, note, faire se déplacer douze mille personnes, c'est un sympathique lot de consolation.

Lorsque j'appris la nouvelle, j'effectuai un impressionnant mais néanmoins très élégant geste de joie. C'est ainsi qu'on loua une chambre d'hôtel sur place, et qu'on put se déplacer en train, Christelle à partir de Mons, moi à partir de Namur, dans la bonne humeur et l'insouciance qui constituent la marque de fabrique des Imbéciles Heureux (Appellation d'Origine Contrôlée Ta Mère, AOCTM).

Et le grand jour arrive. Dans le train, tout n'est que rire et chanson. On rit bien, on se fait des films, et les rigoladeries roulent à vive allure. On partage nos sandwiches au salami, fort goûteux ma foi.
On arrive à Anvers assez rapidement, on touille un peu pour sortir de la gare, mais Christelle, qui connaît un peu les lieux depuis son premier passage en novembre passé, déjà pour voir George Michael (N'allez pas penser cependant qu'on ne peut le voir qu'à Anvers. Il ne s'agit que d'une coïncidence.), nous met sur le bon chemin.

L'hôtel ne ressemble en rien à un palace. Toutefois il nous conviendra très bien, même si les parois de l'ascenseur s'avèrent trouées. * Film de peur inside * La chambre, d'une propreté acceptable, nous attend. On se repose un peu, on va avoir besoin de toute notre énergie pour la suite des évènements. A la télé passe "Le petit Baigneur" (Avec Louis de Funès. A savoir : les néerlandophones ne prononcent pas le S final de ce nom. Prononcez tout haut, ça provoque souvent l'hilarité générale.).

Après avoir été manger un bout sur le pouce (Et avoir reçu deux verres Simpson, je sais c'est du luxe aussi !), on embarque dans le métro. On a bien pensé à se vider la vessie auparavant, car comme mon amie, experte en la matière, me l'a expliqué, si on va pas perdre notre place (On va se battre pour en obtenir des bonnes !), on a intérêt à ne pas s'absenter. Et à ne pas avoir le système urinaire encombré.
Après quelques stations, nous atteignons le Sport Paleis. Dans le transport en commun, on a déjà croisé des fans, qui se rendent au même endroit que nous. Les files d'attente ne sont pas encore trop importantes. Mais il va maintenant falloir s'armer de patience. Car avant que les portes du bâtiment ne s'ouvrent, il va falloir attendre deux heures.
Mais deux heures, pour un imbécile heureux, ça ne paraît jamais long, surtout s'il se retrouve en groupe. Alors Krikri et moi on se raconte nos recettes de soupe, qui ne manquent pas de piquants, on se raconte des anecdotes de nos bagarres passées, on fait des réflexions, on découvre des sosies d'anciennes connaissances parmi la foule bigarrée. On apprend (Enfin, on nous confirme !) aussi que la première partie du spectacle ne sera assurée par Sophie Ellis Baxtor, à mon grand désarroi, et même carrément que la première partie a été annulée. Bullshit ! On nous raconte (A d'autres !) qu'en fait, l'infrastructure n'est pas prête pour accueillir Sophie Ellis Baxtor, et que voilà. Moi je détecte un mensonge beneath ! Paske si elle avait voulu, la Sophie, elle aurait pris sa guitare ou sa viole de gambe, et elle aurait proposé une session acoustique, ou un truc du style, quitte même à ce que je lui passe un de mes textes. Sophie Ellis Baxtor en train de chantonner : "Cambouis aussi", ça aurait pulsé grave !
Deux limousines passent aussi devant nous. Les fans font signe, moi je demeure stoic : je n'ai pas l'habitude de ce genre de manifestations, on sent que les autres ont des réflexes de moi inconnus. Ceci dit, personne n'était certain que derrière les vitres teintées de ces immenses véhicules de mauvais goût se cachait effectivement la star. Mais bon, l'espoir faisant vivre ! Puis ça reste tellement bon enfant tout ça.
Encore une bonne drache plus tard, quand enfin les portes s'ouvrent. Là c'est la cohue. Heureusement, j'ai été briefé : tout le monde se rue sur les bonnes places. Et les bonnes places, c'est tout à l'avant, au pied de la scène, qu'on les déniche. Noté. On va donc essayer de choper celles-là alors. Krikri m'a agrippé la manche, histoire qu'on ne se perde pas dans la cohue non plus, parce que bon ... Las ! A l'intérieur, on ne peut pénétrer que dans le grand hall, la salle de concert reste fermée. J'apprendrai par la suite qu'elles sont restées closes pour permettre à George Michael de répéter tranquillement. Cool, m'enfin pour faire ça, autant laisser les gens continuer à attendre bien sagement à l'air frais. Ici, on se croirait dans les entrailles d'un four micro-onde maintenu en plein soleil sur une tôle de zinc sur le temps de midi à Kinshasa. Et ça a duré longtemps, en plus, pas loin d'une demie heure. Enfin, moi pour m'évader, je regarde les plafonds, j'observe les gens, détaché. J'éprouve d'ailleurs de la fierté quant à ce flegme inopiné, qui aurait pensé ça possible il y a encore un mois ?

Enfin, Sésame s'ouvre. La ruée des fans reprend de plus belle. Krikri et moi fonçons vers les premiers rangs, on bifurque au dernier moment sur la droite et ! chance, on se trouve juste derrière la barrière, à peut-être deux mètres de la scène. Plus près, en gros, c'est dans les bras de George Michael. J'en connais une qui ne dirait pas non, mais moi c'est sans façon, merci.
On a à présent tout le temps de regarder l'immense salle se remplir. Quelques minutes avant le concert, tous les sièges semblent être occupés. Impressionnant. J'en ai la gorge nouée pendant quelques secondes. Mais je me propose de me laisser porter par les évènements, de conserver ce flegme qui m'a bien servi jusqu'ici.
J'en suis là de mes réflexions lorsque les lumières s'éteignent, le show commence, sur un écran géant, d'où un compte à rebours s'affiche. Musique grandiose, et là la star, celle qu'on attend depuis pas loin de quatre heures, George Michael arrive. C'est l'euphorie dans la salle. Et là George se révèle génial, il va parvenir à conserver cet état de bonne humeur géant pendant toute la durée du concert.
J'étais pas tellement fan, avant, d'ailleurs j'avais accepté pour voir à quoi ressemblait un grand concert, en bonne compagnie. Non seulement je n'ai pas ressenti la moindre déception, mais j'ai carrément été bluffé par le professionnalisme de l'artiste. Très à l'aise dans son beau costard, il enchaîne les tubes (Certains très fameux - ceux que je connais -, d'autres moins - je découvre avec bonheur...), et donne à voir un spectacle haut en couleur, enjoué, drôle et parfois sensible, mais juste ce qu'il faut. Le public le mitraille de ses flashes, les milliers de voix reprennent les airs en chœur, ... Au final, deux heures d'un concert splendide, techniquement parfait, humainement très sympa. Quand les lumières se rallument, tout le monde affiche une mine satisfaite, même si nombreux ont été ceux comme nous à donner beaucoup de leur temps pour voir ça.
Un petit tour par les stands de marchandising ensuite, Krikri pour les tee-shirts, moi pour m'offrir mon premier CD du chanteur (Je viens de me convertir, donc !), et on repart vers le métro pour regagner l'hôtel. Dans la station souterraine, on s'assied avec délectation. Dieu que ça fait plaisir !

J'ai encore englouti une cochonnerie avant qu'on ne regagne notre chambrette, car la faim me tenaillait les tripes. Je me suis ainsi régalé de bitter balletjes délicieuses, accompagnées de frite sauce andalouse. Les crasses, y a rien à faire, des fois ça ravit les papilles.

On a fini par s'endormir, Krikri et moi, épuisés, après avoir tenu des conversations sans queue ni tête où on rigolait tout le temps.
Vivement la prochaine réunion des Imbéciles Heureux avec, vous les voyez, des guest stars prestigieux !

mercredi, 20 juin 2007

En bonne compagnie

Aujourd'hui, j'ai envie de vous parler de ma journée de samedi avec ma pote Krikri, avec qui on n'avait plus fait les fous depuis longtemps dans les beaux quartiers de Bruxelles. Faut dire qu'on a eu d'autres trèfles à effeuiller (Expression nouvelle créée par moi, mais qui rencontrera sûrement un grand succès et se retrouvera l'année prochaine dans le grand livre des expressions. Mais je m'égare...).

On avait donc pris rendez-vous dans le courant de la matinée à Bruxelles Central, histoire de profiter réciproquement de notre présence, car il faut bien dire qu'on s'entend bien, et que l'imbécillité heureuse, quand on se trouve à deux Krikri et moi, ça devient comme une seconde nature. Alors une fois qu'on se croise, direction les Bozar, où on a décidé d'aller visiter une expo gratuite qui nous fait bien envie : "Game on you", d'un collectif d'artistes anversois, les "Hell'O Monsters". Leur travail s'apparente aux artistes que ma copine aime tant, genre Alice au pays du destroy, mélange de naïveté et de cynisme servi par des couleurs vives. Enfin, si vous voulez voir de quoi je parle, cliquez ici, ici ou encore ici.
Mais bon, voilà, une fois qu'on entre dans le bâtiment de la rue Ravenstein où ... il ne se passe rien, il n'y a à première vue personne, et les lieux paraissent abandonnés ; des travaux sont manifestement en cours. Quoi ? Nos amis se seraient-ils trompés d'endroit ? Seraient-ils tombés dans quelque piège mis en place par les vils gredins ? En tout cas, le lieu semble déserté, et personne n'est là pour nous dire où nous rendre.
Finalement, on détecte un pelé qui nous indique bien aimablement la voie à suivre. Le jeu de piste se poursuit ! On traverse une autre expo sur d'architecture européenne à Bruxelles (Inouï le nombre d'évènements gratuits aux Bozar !), on suit les pacmans sur le sol qui nous guident jusqu'à "Game on You". Krikri et moi sommes quand même un peu déçu par rapport à la taille de la rétrospective : juste une pièce ? Enfin bon, on a quand même trouvé notre bonheur, et on a apprécié les oeuvres, et tout autant le livre d'or, dédicacé par tous les visiteurs se sentant une âme d'artiste. Et grâce à certains dessins, on en est même venus à penser qu'un atelier protégé était venu en voyage d'étude...

Ensuite direction le fast-food, comme on le fait quasiment traditionnellement lors de nos pérégrinations. Étonnement ! La déco a changé ! Alors, là, évidemment, nous on reste bouches bées, interloqués. Non mais ça va pas, changer nos habitudes comme ça. Enfin, bon, en même temps c'est joli, donc on dit trop rien.

Après ça, direction le musée des Beaux-Arts, pour l'exposition : "Euro Visions". Krikri a gagné deux places, et m'en fait profiter. Comme on dit dans ces cas-là, à charge de revanche ! Ceci étant, heureusement qu'on n'a pas dû payer, paske neuf euros d'entrée, pour des photos qu'on pourrait voir sur internet gratuitement... La culture, ça représente un sacré budget si on ne fait pas gaffe.
Bref, après que ma copine a eu l'agréable surprise de découvrir qu'un musée Magritte va ouvrir ses portes en 2008 (Moi je l'avais vu la semaine passée, donc j'ai pu faire "celui qui savait" ! * Capitale attitude VS provinciale attitude inside *), nous avons embarqué dans l'univers féerique de la photographie moderne, avec tous ses snobismes et ses bonnes surprises aussi quand même. On a eu de grands moments de "pischatte" quand, en découvrant la partie sur la Hongrie, on a eu droit à des commentaires diffusés sur des ordinateurs mis à la disposition du public. La musique traditionnelle hongroise, ça a ... son charme. Un charme discret, certes, mais qui existe malgré tout. Et rien que pour ça, on l'en remercie vivement. Merci.

Une bonne heure et demie de photos plus tard, on est un peu gavés, mais courageux, on s'achemine, sous la pluie, vers notre dernière exposition culturelle, conviviale et bon enfant toutefois, celle consacrée à Hergé et à ses "ketjes de Bruxelles", Quick et Flupke. Sur la route, je touche un mot à Krikri de mon vieux parapluie mité, qui n'a jamais été perdu en presque quinze ans d'existence. Ce détail aura son importance par la suite.

L'expo Hergé se passe bien. On déambule dans les couloirs du musée Bellevue, on nous nous rendons pour la première fois (Fais un vœu !). Hormis les grands lustres qui nous plaisent bien, on constate malgré tout que ça sent horriblement le renfermé à l'intérieur. Paola devrait aérer de temps en temps. Puis on finit l'expo ... dans les caves ! Bon, certes, je me suis extasié sur l'absence quasi complète de poussière, m'enfin quand même, c'était bizarre.

Puis vient le moment de se quitter. Mais bon, le déchirement n'est que de moindre mesure, car nous nous retrouvons la semaine prochaine.
Au moment de partir, il ne pleut pas. Néanmoins, plus tard, lorsque le besoin du parapluie jamais perdu depuis quinze ans se fait sentir ... je découvre avec effroi que je ne peux plus mettre la main dessus. Perdu ! Égaré ! Enfer et putréfaction ! Je râle comme un pou.
Jusqu'au lendemain, où j'ai retrouvé le pépin dans mon sac, camouflé dans une poche secrète dont je ne me sers jamais. Normal, il était mouillé.

mardi, 22 mai 2007

Ma copine conçoit des plans marketing pour la bonne cause !

About culture

Vous connaissez sans doute tous ma pote Krikri, avec qui on s'amuse tout en se cultivant et en tentant des expériences inédites, bref avec qui je fais l'imbécile heureux. Hé bien je vais ici et maintenant dévoiler un pan entier de sa vie privée, mais j'ai de bonnes raisons de penser qu'elle ne m'en tiendra pas rigueur.

Alors, voilà : Christelle prend des cours de russe. Je sais, ça fait drôle au début, mais on s'habitue à tout, même à ça.
Quoi, rien d'extraordinaire, me direz-vous ? Hé bien si, j'y viens, d'ailleurs (Et non pas : "Je viens d'ailleurs", ce qui n'est pas faux non plus, mais moins. Sapristi ! je m'égare de Perpignan ...) : l'Ecole de Promotion Sociale de Saint Ghislain qui propose cette formation pour fans de Dostoïevski et de Saint Petersbourg ne dispose pas de gros moyens et surtout manque de visibilité. Aussi, afin de faire connaître la filière, Krikri a eu l'idée de lui consacrer un blog. Une bonne initiative, que j'encourage de tout mon panache et de toute ma plume (Pour une fois que cette page perso nombriliste aura une utilité concrète !). Visitez donc ce nouveau site, qui engendrera, j'en suis sûr, bon nombre de vocations, et parlez-en autour de vous.

dimanche, 06 août 2006

Poilu von Bouffi VS Le Roux IV - the final act (2/2)

Fifi Brindacier intervint alors : « - Petite Madame, j’ai des relations. Un de mes amis possède quelques jets privés. Il pourrait sûrement en mettre un à notre disposition, si je le lui demandais ! - Merveilleux ! Je te revaudrai ça, petite rouquine ! » Toutes à leur joie, les deux nouvelles friends oublièrent pour quelques secondes le danger qui plainait sur leurs compagnons dans le Tyrol, et entamèrent une petite danse. « Bouge ton corps ! Moove your body and rise your hands under the light of the sky ! Mystic crisis…» Poilu parvint à joindre la police. Hélas, ce jour-là se déroulait le match de la coupe du monde Allemagne - Argentine. Impossible de faire se déplacer les forces de l’ordre. Le lapin avait beau leur expliquer qu’il en allait de la vie d’un jeune chat innocent, les schleus n’en avaient rigoureusement rien à foutre. En désespoir de cause, Krikri appel les Nations Unies, où Koffi Annan lui répondit sans plus de diplomatie qu’ainsi que les casques bleus avaient mieux à faire de leur journée que de venir en aider à un félin noir et blanc qui n’avait sûrement jamais signé la moindre convention de Genève. Ce en quoi on ne pouvait pas raisonnablement lui donner tort. Le désespoir s’abattit résolument sur la troupe. « Jamais nous n’arriverons à temps ! », gémit le tonton de Largo. « Ne renonçons pas ! » C’était Krikri qui venait de parler de la sorte. Elle enchaîna derechef en ces termes précis : « Nous ne pouvons pas baisser les bras ! Largo a besoin de nous. Nous devons absolument empêcher le drame, et je sens au plus profond de moi qu’un espoir subsiste. Nous nous battrons, pour ceux que nous aimons, pour nos valeurs, pour notre fois en la justice. Nous avons déjà mis des psychopathes en déroute par le passé, et nous continuerons, car telle est notre quête sur cette terre. Acharnons-nous jusqu’au bout, pour Tit Chat, pour la paix parmi les hommes, pour l’Allemagne, ou l’Autriche, je sais jamais, bref pour le Tyrol ! Hiiiiiiiihaa ! » Galvanisés, nos héros reprirent aussitôt courage. « Dis-moi, Largo, à quoi aimerais-tu jouer ? » Le chat recula instinctivement. Ses muscles se tendirent alors qu’imperceptiblement, ses griffes se dressaient. Son regarde s’aiguisa. Il commençait à comprendre dans quel horrible piège il était tombé. « Dis-moi, Largo, depuis combien de temps n’avons-nous plus joué à … attrape-le-chat ? Et que penserais-tu de la variante gore : attrape-le-chat-puis-éventre-le ? » Et le meurtrier brandit son couteau qui brilla de mille feux sous le soleil tyrolien… Petite Madame et Fifi Brindacier s’apprêtaient à embarquer dans le jet mis à leur disposition sur le champ par l’ami de la rouquine. Nul ne savait ce que cette dernière avait dû promettre en retour, mais libre court à l’imagination de chacun, n’est-ce pas ? Elles gravissaient déjà les dernières marches de la passerelle à tout allure, lorsqu’une voix retentit derrière elles. « Attendez ! … » Derrick ! Mon dieu, c’était lui, en liberté, prêt à les agresser sauvagement comme de vulgaires pigeons ! Immédiatement, Petite Madame dégaina son arme, et mit l’Allemand en joue. « N’avancez plus, ou je tire ! » Mais Derrick, paisible, avançait. Ses yeux avaient perdu ce feu dévastateur qui y brûlait il n’y avait vraiment pas longtemps (Disons … deux ou trois heures… * Coup de théâtre inside *) « Je comprends votre réaction, Petite Madame. Mais écoutez-moi, de grâce… » Il avait l’air sincère. « D’accord, parlez, mais n’approchez pas ! », ordonna-t-elle. « Je ne m’approcherai pas, c’est inutile, et vous le savez, parfaitement inutile, oui, inutile. Bien. Où en étais-je ? Ah oui ! Ecoutez, je comprends que vous vous montriez méfiante, mais je vous jure que je me suis amandé. Cette folie qui m’animait ces derniers temps m’est passée comme elle m’était venue, sans qu’on n’en connaisse la raison. J’ai sur la conscience la mort d’un certain nombre de malheureux pigeons, mais le passé demeure le passé, vous en conviendrez. Que celui qui n’a jamais pêché me jette la première pierre… » « - Moi je n’aime pas tellement la pêche. », lança Fifi. « Ces malheureux poissons qui n’ont rien demandé à personne, je trouve ça tellement cruel… » Petite Madame regarda sa compagne d’un air atterré. « - Fifi ? - Oui ? - Ta gueule… Poursuivez, inspecteur ! - Merci. Cette digression était parfaitement inutile, j’espère que vous en êtes conscientes, véritablement inutile. Mais soit. Au jour d’aujourd’hui, après tout le mal que j’ai fait, je désire à nouveau me mettre du côté de la justice. Il faut sauver Largo ! - Mais comment se fait-il qu’on vous ait relâché ? Votre peine n’est pas encore complètement purgée ! - Petite Madame, tuer les pigeons ne constitue pas un délit. Un avocat a trouvé cette faille pour me faire sortir de prison. » Pas con. Derrick marquait un point. Mais Petite Madame ne se laissait pas convaincre facilement. « Ecoutez, Derrick », dit-elle encore, « j’apprécie énormément votre retour du côté lumineux de la farce. Néanmoins… » Derrick comprit alors qu’il ne parviendrait pas à la persuader. Il se tourna alors vers Fifi Brindacier, qui profitait de ce moment de battement pour se limer les ongles. Il la dévisagea avec insistance. Lorsqu’elle s’en aperçut, Fifi arrêta net sa manucure, troublée. « Si je ne puis toucher votre cœur, Petite Madame », continua Derrick, la voix plus chevrotante qu’à l’accoutumée, « peut-être parviendrai-je à parler à celui de ma chère fille, mon enfant disparue… Fifi… » « Aaaaaaaaah ! Sauve-toi ! » Largo sauta par-dessus les buis, et courut aussi vite que ses pattes le lui permettaient. Mais il avait perdu l’habitude de cavaler pour un oui pour un non aux Alpes en fête, si bien que ses membres ne le portaient plus comme jadis. Le Roux eut tôt fait de l’attraper par le collet, et de le soulever dans les airs. Tit Chat se débattit comme un beau diable, mais il était bel et bien prisonnier de son bourreau. Ce dernier ôta sa perruque d’un geste théâtral et bâillonnât de ce toupet sa victime. Les cheveux naturellement gris du Roux repoussaient déjà (Hors contexte, cette phrase paraît parfaitement incohérente ; d’où la nécessité de se replonger dans le lecture, captivante, des premiers volets de la série.). On eut dit un moine, mais un moine malfaisant, dont l’âme aurait appartenu à Satan. « Tu vas mourir, vermine ! » murmura-t-til, de la voix la plus mauvaise qu’on n’eut jamais entendue. Il approcha sa lame du ventre blanc immaculé de Largo, terrifié. La pointe du couteau commençait à piquer la peau de l’infortuné. « Hey, mister Fouras ! I’m making crêpes Suzette ! Do you want to join us ? » Jayne Mansfield venait d’apparaître comme par magie. Que faisait-elle là, cette grue ? Largo profita de ce miracle inespéré pour se défaire de l’étreinte de son agresseur, le mordit à la cheville et partit se réfugier dans les bras de sa sauveuse, qui assistait à la scène sans y comprendre goutte, un peu saisie. Fifi pleurait dans les bras de son père, comme un veau. Quelle émotion ! Elle qui pensait que sa mère l’avait vraiment faite toute seule. Elle découvrait, aujourd’hui, que son père n’était autre que Derrick. Petite Madame, elle, s’impatientait. « - Bon, c’est bien beau, cette petite scène, mais il ne faut pas rester là, monsieur Derrick. I mean, nous avons encore une longue route à faire, et c’est pas qu’on perd du temps ou bien que je veux me montrer impudente, mais faut bien dire qu’on pourrait déjà être dans le Tyrol, si vous ne nous aviez pas retardé autant. Donc on va sei dire au revoir et à bientôt, d’accord ? Merci. Allez, viens Fifi, on s’arrache ! - Non ! Je ne quitterai plus jamais mon papounet ! - Oh, c’est bon dis, t’as bien vécu jusqu’ici sans lui, tu tiendras encore bien un petit peu ! Je te préviens, ma fille, les petites chéries à leur papa, perso, ça m’énerve grave ! - Je m’en fiche ! Je reste près de mon père ! - Monsieur Derrick, dites-lui vous que ce n’est pas raisonnable… - Désolé, Petite Madame, mais l’émotion m’étreint, je ne pourrai me séparer de ma fille à présent que je l’ai retrouvée. Emmenez-moi avec vous. - Navrée, mais c’est trop risqué ! Qui sait quel mauvais tour vous seriez capable de me jouer, sous vos air de vierge de tendresse des cœurs endurcis ? En outre, qui se porterait garant de votre bonne conduite ? - Moi ! » Celui qui venait de prononcer cette réplique tonitruante n’était autre que Harry Klein. « Et je viendrai aussi avec vous ! En route, chauffeur ! », ajouta-t-il. On entendit encore Petite Madame maugréer : « Pour qui se prend-t-il, le petit gros ? » Le Roux se rua tel une furie sur Jayne Mansfield qui, pas plus éclairée que la seconde précédente sur les tenants et les aboutissants de cette agressivité inattendue, se demandait franchement quoi. « Mister Fouras, you are acting bizarre ! », dit-elle. Dans le doute, elle s’enfuit toutefois, Largo dans les bras. L’autre, son couteau de boucher brandi au-dessus de la tête, hurlait des trucs absolument incompréhensibles, mais relativement menaçants. On reconnaissait des mots comme : « étriper », « vider », « truie », « maudits », … Un beau florilège, quoi. Dans sa folle course-poursuite, Jayne parvint à prendre quelque distance. Elle descendait vers la route en direction du village voisin. Ce qui, d’un point de vue strictement logique, s’avérait aberrant ; il eut été plus intelligent d’aller au centre tout proche, et de se réfugier là auprès des gentils organisateurs qui disposaient d’un poste de sécurité dernier cri. Mais bon… Soudain, en sens inverse, une voiture conduite par un lapin et deux personnes d’allure normale surgit. « Largo ! », hurla son tonton. Le chat reconnut immédiatement son maître, et se lança contre sa poitrine en ronronnant. Krikri s’approcha de Jayne Mansfield, manifestement en état de choc. « J’ai cru qu’il allait me couper la tête ! », braillait-elle entre deux sanglots. « Allons, allons », la rassura Krikri, « c’est finit maintenant, nous somme là, il ne peut plus rien vous arriver… » Mais Poilu souffla, le regard inquiet : « Je ne suis pas aussi optimiste que toi. Regarde par là… » De la colline dégringolait le Roux, armé cette fois non plus d’un couteau de boucherie, mais d’un bazooka. On ne rigolait plus. « Je vais vous exploser la tronche ! », vociférait-il en les pointant de son arme de destruction massive. « Ne bouge plus, Roux ! » Derrick se tenait derrière lui, les mains dans les poches. Il ne craignait rien. Il connaissait l’ascendant qu’il avait sur le meurtrier. « Mon maître… », balbutia ce dernier en se prosternant et en laissant s’échapper de ses mains le bazooka dont Poilu se saisit aussitôt. Le jet qui emportait à son bord Petite Madame, Fifi, Harry Klein et Derrick venait d’atterrir non loin de là, et l’inspecteur préféré des mamies avait planté ses compagnons d’infortune là et piqué un sprint jusque là pour tenter d’arrêter le Roux. Comment savait-il qu’il était là ? Comment était-il au courant de ce qui se tramait en ces heures sombres ? Mystère. (Light above his head ; il est light, light comme l’air, léger comme la lumière…) « Non, mon bien cher rouquin, je ne suis pas ton maître. Je ne puis être le maître d’un suppôt du Malin (tombe dans le ravin). Je me suis rangé à nouveau du côté du bien, que jamais au grand jamais je n’aurais dû quitter. Et je t’offre la chance de me rejoindre, pour purifier ton âme… » Jayne Mansfield, qui assistait à la scène en retrait, souffla à Krikri : « Do you know what is a bouillon ? » Derrick poursuivit sa diatribe : « Oui, mon Roux, viens avec moi, rejoins le côté pas obscur de la force… » L’assassin se sentait défaillir Son idole, une âme pieuse. Et puis après quoi ? Lio inhumée au Panthéon ? Mais allons ! Le reste de la compagnie venait d’arriver. Ils étaient tous là : Krikri, Poilu von Bouffi, Petite Madame, Largo, son tonton, Harry Klein, Jayne Mansfield, Bernard et Bianca, qui se promenaient par là après une session torride dans les foins d’une grange abandonnée non loin de la scène, Fifi Brindacier, et les fantômes de Concuela Margharita Tchitchi. « Je sais quels tourments t’assaillent, mon bon Roux, mais laisse le bon inspecteur Derrick te montrer la voie. Toute résistance serait par ailleurs inutile, et tu le sais très bien, parfaitement inutile. Et puis, le Roux, il y a une chose que tu dois savoir… I’m your father ! » Le Roux écarquilla les yeux, et prononça ces paroles mythiques : « Miiiiiin wé ? » « Oui ; mon fils, je suis ton père, tout comme je suis Fifi Brindacier, ta sœur, your sister, deine Schwester, you know, yeaaaaaah, mmm, yeah… Viens, mon fils, viens près de moi, que nous formions, après tant et tant d’épreuves, une famille unie… » Le Roux s’avança. Il étreignit Derrick qui, tout à son bonheur, ne se rendit pas compte que l’autre ouvrait grande les mâchoires pour le mordre sauvagement à la jugulaire. C’est alors que le coup partit. Poilu von Bouffi n’avait pas hésité. Il avait armé le bazooka et tiré. Il ne restait plus de l’assassin qu’un tas de cendres fumantes. « Bon… Ben voilà… », articula Krikri. « - Y a rien à ajouter… », renchérit le tonton de Largo. « Si on rentrait manger des gaufres ? - Bonne idée ! », répondirent en chœur tous les autres. Harry Klein se précipita quant à lui pour soutenir l’inspecteur, suivi de Fifi. Il y avait comme de l’amour dans l’air, quelque chose de fort et de tendre entre la jeune fille et l’assistant de Derrick. « Ca va aller, Stefan ? Ja, mein treuer Harry. Tu sais, je n’aurais jamais voulu d’un fils meurtrier. Puis si ça tombe, c’était pas vraiment à moi, c’est ce que sa mère avait toujours prétendu, voilà tout. Et quand tu vois l’éducation que ce voyou avait reçue… Non, Harry, je ne suis ni triste, ni amer, ni même déçu. Ce serait parfaitement inutile, oui inutile, inutile. Sais-tu pourquoi ? Parce que tu es un peu comme un fils pour moi. » Et Derrick conclut, en admirant sa fille retrouvée : « De plus, j’ai retrouvé ma petite chérie, ma Fifi Brindacier à moi. Allons, Harry, reprenons nos enquêtes criminelles, comme avant, cela fera plaisir à tous les pensionnés d’Europe. » THE END

jeudi, 06 juillet 2006

Poilu von Bouffi VS Le Roux IV - the final act (1/2)

On l’attendait depuis plus d’un mois, et le voici: l’ultime épisode des aventures de Poilu, Largo et consort. Douze épisodes, un inédit, du suspense, de l’émotion, de l’action… Franchement, c’est too strong !

Three months of questions, two days of answers… It’s all led up to this!

Lorsque le portable de Poilu vibra, tous se regardèrent, terrifiés. Le chemin jusqu’au Tyrol s’était avéré très éprouvant, et personne, pas même Krikri, d’habitude si sûre d’elle, n’avait prononcé un mot. Ou alors vraiment le strict minimum, car de temps en temps, rien à faire, il faut bien signaler au conducteur une envie pressante. Tout le monde connaît ça.
Poilu roulait donc à tombeau ouvert (Sur les autoroutes allemandes, on peut, pas partout mais il y a des portions d’autoroute où c’est autorisé…) donc, lorsque son téléphone retentit. Le tonton de Largo répondit :
« - Allo ? Petite Madame ?
- J’ai une information d’une importance capitale ! Ecoutez bien ceci ! Les foireux experts ont procédé à des analyses, à partir d’indices trouvés sur une enveloppe que j’ai en ce moment sous les yeux, et… »
La communication stoppa net. Le réseau dans les montagnes, évidemment, c’est parfois galère, et nos héros n’échappèrent point à la règle.
Quelle était donc cette information que Petite Madame avait tenté de lui communiquer ? Un rapport avec Largo, évidemment, mais lequel ? Qui ? Pourquoi ? Les nerfs tendus à se rompre, le tonton du petit chat hurla : « Plus vite, Poilu, plus vite ! »
Mais Poilu ne pouvait prendre le risque d’accélérer encore, dans cette route en lacets. Krikri, sur le siège passager avant, essayait en vain de re-contacter son hamster.

medium_qui_voila.JPG


Largo, dans sa paisible retraite alpestre, s’amusait joyeusement avec ses nouveaux petits camarades. Le matin, les gentils organisateurs avaient préparé une partie de : « Joue avec la pelote de laine », qui lui avait procuré un plaisir indicible. Ensuite, il avait profité d’un bain de lait de brebis, excellent contre la déprime. Tit Chat se sentait revivre, ici.
medium_perefouras.jpgA présent, il jouait à la manille en compagnie de Bernard et Biancamedium_bernard_et_bianca.jpg et de son très grand ami, le Père Fouras. Ce dernier ne le quittait plus, veillait sur lui comme une mère. Largo appréciait au-delà de toute mesure les intentions si délicates de ce vieil homme bon comme le pain.
« Quel temps merveilleux ! » Lança Bianca. « Idéal pour faire des galipettes dans le foin, n’est-ce pas, Bernard ? »
Son mari lui adressa un regard concupiscent qui en disait long. Il se leva, et, avec une fougue toute romanesque, empoigna son épouse.
« J’ai repéré une étable à quelques centaines de mètres d’ici, petite coquine… » dit-il, sirupeux.
Sur quoi les deux tourtereaux s’en allèrent, laissant seuls Largo et le Père Fouras…
Jamais une aussi belle occasion de se débarrasser de cet atroce félin noir et blanc ne s’était présentée à l’assassin depuis qu’il était arrivé dans ce centre de vacances débile. Et vas-y que je chante à la veillée autour d’un feu, et vas-y qu’on se balade tous sur les sentiers montagneux, et vas-y qu’on bouffe des fondues au fromage suisse jusque deux heures du matin tandis que tout le monde vomit dans les coins et qu’un tas de beaufs bourrés entament « la danse des canards »… Et le pire, c’est que Largo adorait ça ! Pour se ressourcer, qu’il disait. N’empêche que lui, le Roux (car sous les traits joviaux du Père Fouras se dissimulait ce monstre assoiffé de sang, le lecteur s’en souvient… Non, je préfère rappeler, parce que même les auteurs commencent à y perdre leur latin, ici !), avait dû se taper tous ces trucs à la mords-moi-le-chose uniquement pour gagner pleinement la confiance du félin. Et il commençait à en avoir marre, mais marre ! Inouï ! Du coup, ici, il jubilait. L’endroit où il se trouvait pour l’instant se situait loin du bâtiment central où les autres pigeons (encore eux) se vautraient dans des bains de chocolat Milka. Ici, personne n’entendrait ce chat de malheur crier tandis que la lame du couteau de boucher dissimulée le long de la jambe du psychopathe s’enfoncerait dans ses tripes palpitantes et fumantes…
« Mon petit Largo, que dirais-tu d’un nouveau jeu ? Tu en as assez de la manille, non ? »
Tit chat observa son ami avec bienveillance. Continuer à jouer aux cartes lui aurait plu, mais le Père Fouras s’était montré tellement bon avec lui. Comment refuser ? Il acquiesça en dodelinant de la tête.
« Hé bien, dans ce cas, adorable boule de poils, puisque tu es d’accord, nous allons nous prêter à un jeu un peu plus… piquant… »
Le timbre de la voix du vieil homme avait changé. Dans la tête de Largo, des signaux d’alarme s’allumèrent.

A Namur, Petite Madame pestait. Comment prévenir les imbéciles heureux ? Jamais ils ne pourraient reconnaître l’assassin, déguisé en inoffensif vieillard. Le rapport des foireux lutins, repartis par le premier vol ce matin pour Manhattan (Un audit interne de la Région Wallonne les accusait de détournements de fonds ; pour ne pas ébruiter le scandale, les instances de l’entité fédérée, après consultation de spécialistes en la question venus de Charleroi, avaient conclu qu’il valait mieux renvoyer cette bandes d’ivrognes chez eux, et basta ! « On en a marre des parvenus ! »), était formel : les initiales P.F. retrouvées sur la lettre envoyée à Fifi Brindacier faisaient référence au Père Fouras, l’une des autres idoles du fou roux. Un profiler de Boston s’était également penché sur le cas du serial killer, et avait émis les mêmes conclusions. Plus aucun doute n’était permis.

lundi, 22 mai 2006

Poilu von Bouffi VS Le Roux III - Terreur dans les Alpes

Alors que tous étaient en route pour sauver Largo de l'infâme ex-roux-actuellement-sans-un-poil-sur-le-cailloux, Petite Madame était restée au QG. Derrick était encore dans la place et il fallait quelqu'un capable de lui bondir dessus au cas où ... Le perfide vieillard leur avait déjà joué des tours à plusieurs reprises, il était de bon ton de se tenir sur ses gardes.
Et puis, mine de rien, Petite Madame est quelqu'un de très agile, capable de t'éclater la gueule avec un seul doigt, de se battre au samouraï étou étou ! Au camp d'entraînement dans les goulags de Sibérie, elle en avait étonné plus d'un ! ... Ouais enfin ... Ils sont tous morts et personne ne s'est jamais rendu compte qu'elle était too strong ... Alors, bref, Petit Madame était restée sur Namur ... Et elle en profiterait pour ranger un peu ...

Pendant ce temps, aux Alpes en Fête, Largo goûtait à un repos bien mérité !
L'accueil avait été des plus chaleureux ! Imaginez-vous : les nouveaux touristes à peine arrivés, les différents responsables du centre leur avait fait faire des photos de groupe et, pour détendre l'atmosphère, les gentils organisateurs avaient profité que ces naïfs prenaient la pause pour leur verser de l'eau dessus (eau aromatisée à la lavande, ça détend, of course) ! Après ça, tout le monde était devenu potes !
Ensuite, différents groupes avaient été formés, histoire que personne ne se sente seul pendant les diverses activités. Et le groupe de Largo avait l'air des plus sympatoches : lui-même (On peut dire qu'il s'appréciait assez bien !), une jeune bombasse blondasse nommée Jayne Mansfield (Dans la quatrième dimension, les morts ne sont plus morts et même, on leur rend leur tête …), un couple de jeune mariés Bernard et Bianca, et enfin un vieillard à la mine débonnaire, rayonnant de sagesse, le Père Fouras.

Première activité de la journée : séance de présentation.
« - Bonjour, je m'appelle Largo. (Tous en choeur : -Bonjour Largo !) Je viens de Namur, j'habite avec mon tonton. Je suis ici pour passer quelques vacances, car j'ai eu pas mal de problèmes ces dernières semaines (Tous en choeur : -Oooooh !) et j'avais besoin de me retrouver.
- Merci Largo. Vous pouvez l'applaudir s'il vous plaît. »

Clap clap clap their hands

« - Bonjour, je m'appelle Jayne Mansfield. (Tous en choeur: -Bonjour Jayne !) Je suis venu ici parce que depuis mon dernier film; je ne sais plus où j'en suis. (Tous en choeur: -Oooooooh) Je perds la tête ... Les drogues, l'alcool ... Et puis, j'ai pas envie de chanter ! Je veux juste faire des crêpes Suzette chez moi.
- Merci Jayne. Vous pouvez l'applaudir, s'il vous plaît. »

Clap clap clap their hands

« - Bonjour, nous c'est Bernard et Bianca (Tous en choeur: -Bonjour Bernard et Bianca !) Nous, c'est clair : on est trop des pervers et on veut faire les "dingues" dans le jacuzzi, dans le hammam étou étou.(Tous en choeur : ah aaaaaaaaaah !) Et donc on compte sur votre discrétion ou votre participation.
- On se revoit plus tard alors ! Merci, vous pouvez les applaudir, s'il vous plaît. »

Tonnerre de Clap clap clap their hands

« - Bonjour, je m'appelle Père Fouras. (Tous en choeur: -Bonjour Père Fouras !) J'ai longtemps vécu en France, dans un fort. Mais ces derniers temps, j'ai besoin de me reposer. Les 5837 marches qui mènent à ma chambrée sont assez fatigantes. Je n'ai plus 20 ans (Tous en choeur : -Oooooooh) et j'espère pouvoir retrouver une seconde jeunesse.
- Merci Père Fouras. Vous pouvez l'applaudir, s'il vous plaît. »

Clap clap clap their hands

Une fois la séance terminée, la troupe fut conviée à un repas qui se déroula dans une ambiance conviviale et bon enfant. On ne faisait jamais trop d'activités pour la première journée. Il faut laisser le temps au temps ...

Dès le début, Largo s'était tourné vers le Père Fouras. Il sentait qu’il devrait puiser dans la sagesse du vieillard pour comprendre ses erreurs passées et ne plus décevoir ses amis.
Mais comment, sous les traits inoffensifs du vieillard, le matou, candide, aurait-il pu reconnaître… Le Roux ! Oui, lui, le roi du déguisement, de la perfidie et de la tromperie ! Lui, qui au sortir de l’avion qui le menait de Namur aux Alpes, avait reconnu cet infect animal blanc et noir ! Aussitôt, sa soif de vengeance se réveilla. Et il suivit Largo. Il se travestît en Père Fouras, de manière à ne pas être reconnu, puis s’était arrangé pour se retrouver dans le même groupe que Tit Chat.
Or, voici qu’après le repas, le Père Fouras invitait Largo dans sa chambrette, où, disait-il, il avait des croquettes au jambon aromatisées à l’armagnac… Goinfre, le chat accepta.

A Namur, Petite Madame avait bien avancé ! Le QG brillait comme un sous neuf quand soudain ....
"Toc toc toc !" (Qui est là ? Qui qui frappe à ma porte ?) ... C'était Fifi ! (Wautt eu seuwpwaïse !)

Fifi était venue s'excuser de son comportement de tassepé sur le retour.
De plus, elle avait quelques informations à fournir. Elle avait reçu une lettre lui demandant de jouer ce rôle de distracteur en échange d'une somme plutôt intéressante : 10 000 € par mois, à vie !!!! Elle avait accepté, car elle avait besoin d'argent pour retrouver la trace de son père qui l'avait abandonnée à la naissance ....
Fifi tendit la lettre à Petite Madame : elle était signée P.F. !!!!!!!!!!!!!!!!!

Petite Madame devait prévenir sur le champ ses amis. Ces initiales allaient certainement les aider ! Après ça, elle irait interroger Derrick dans sa cellule ! Ce galopin devait savoir quelque chose !

Les foireux experts/lutins se mirent aussitôt au boulot ! Il fallait analyser cette lettre, tout devait y passer : analyse de l'écriture, analyse ADN, vérifier où avait été acheté le papier, où avait été postée la lettre ... Il y avait du pain sur la planche !

Alors que la bande d'imbéciles heureux approchait enfin des Alpes en Fête, le GSM de Poilu von Bouffi sonna. C'était Petite Madame qui avait une révélation susceptible de les intéresser ...

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