mardi, 25 août 2009
Puisqu'il le faut
Puisqu’il le faut. Puisqu’il le faut continuons sur la voie qui est tracée. Elle ne date pas d’hier, on peut s’y fier, même s’il ne faudra pas trop regarder en arrière. Puisqu’il le faut. On pourrait bien dire que les choses ne vont pas dans le bon ordre qu’on n’y changerait rien. Il n’y a pas que les feuilles des vieux chênes qui tombent, il n’y a pas que les saisons qui passent, il en va ainsi des regards et des soupirs. Le ciel de granite, il le faut bien supporter, ainsi que tout, les vitres, les pièces sombres. Il ne nous restera un jour plus qu’une trace peu vivace du goût, des odeurs, des paroles et de la voix, et il faudra bien faire avec ce qu’on aura gardé. Pas trop, car pour les longs voyages, on ne s’encombre pas de l’inutile. Nos larmes conservent l’essentiel de l’essentiel, ce qui ne peut pas chuter à l’automne, ce que les boîtes en argent renferment jalousement. Notre regard à peine voilé, déjà il faut avancer. Mais où ? Vers où avons-nous marché ? Que ne donnerait-il pas pour le savoir, le voyageur qui s’est déjà débarrassé des vieilleries qui l’alourdissaient. Se délester pour progresser, toujours plus loin, toujours, toujours, c’est la volonté de l’ordre universel, pas une étoile qui n’avance, rien qui n’échappe au déroulement des évènements, ces éléments qu’on appelle vie. Marche, marche, marche, vers le plus tard et le plus loin, au plus loin et le plus tard possible, marche vers ce qu’y t’a attiré, marche sans trop souvent repenser aux lèvres jaunes. Il faudra bien. Puisqu’il le faut, j’oublierai jusqu’à la froideur des nuits du sang.
En cas de nausée, respirez du fond du ventre, pensez à un champ, dans lequel poussent des bleuets, des coquelicots et des marguerites.
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mercredi, 05 août 2009
Brüno
Film américain (2009), réalisé par Larry Charles, avec Sacha Baron Cohen

Sacha Baron Cohen, star invisible camouflée un temps en Ali G puis en Borat, est devenu en 2009 Brüno, gay, créateur autrichien de la mode. Son talent n’est hélas pas reconnu à sa juste valeur. Le mépris et le désamour de son propre peuple l’affligeant, il s’exile aux Etats-Unis. Sa mission : devenir une star. Point.
Le principe des films du comique anglais, qui consiste à imposer un scénario, délirant bien sûr, dans la vie réelle de personnes « piégées », peut parfois donner lieu à des fous rires, parfois à la consternation. Il amène en outre une réflexion sur les idioties de notre société, et sur notre capacité à gober n’importe quoi. Exemple : le mannequin que Brüno interviewe. Le faux naïf l’amène à expliquer combien il est difficile de défiler, de mettre d’abord la jambe gauche en avant, puis la droite.
Est-ce dérangeant, Brüno ? Oui, assez. Autant le côté parodie peut vraiment prêter à la rigolade, autant le côté Jackass peut mettre en colère : dénoncer des conneries par d’encore plus grosses conneries paraît pus révélateur d’une culture du vide portée à son paroxysme qu’une preuve de talent comique (Dont Sacha Baron Cohen ne manque pourtant pas…).
Avec son personnage superficiel, à la sexualité hyper hardcore, en quête d’un graal de fumée, le fou-furieux entraîne ses spectateurs conquis par avance sur le terrain du déraisonnable, nous rappelle que le rire est aussi une réponse à une situation incohérente, que notre cerveau refuse d’accepter.
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