mardi, 25 août 2009

Puisqu'il le faut

Puisqu’il le faut. Puisqu’il le faut continuons sur la voie qui est tracée. Elle ne date pas d’hier, on peut s’y fier, même s’il ne faudra pas trop regarder en arrière. Puisqu’il le faut. On pourrait bien dire que les choses ne vont pas dans le bon ordre qu’on n’y changerait rien. Il n’y a pas que les feuilles des vieux chênes qui tombent, il n’y a pas que les saisons qui passent, il en va ainsi des regards et des soupirs. Le ciel de granite, il le faut bien supporter, ainsi que tout, les vitres, les pièces sombres. Il ne nous restera un jour plus qu’une trace peu vivace du goût, des odeurs, des paroles et de la voix, et il faudra bien faire avec ce qu’on aura gardé. Pas trop, car pour les longs voyages, on ne s’encombre pas de l’inutile.  Nos larmes conservent l’essentiel de l’essentiel, ce qui ne peut pas chuter à l’automne, ce que les boîtes en argent renferment jalousement. Notre regard à peine voilé, déjà il faut avancer. Mais où ? Vers où avons-nous marché ? Que ne donnerait-il pas pour le savoir, le voyageur qui s’est déjà débarrassé des vieilleries qui l’alourdissaient. Se délester pour progresser, toujours plus loin, toujours, toujours, c’est la volonté de l’ordre universel, pas une étoile qui n’avance, rien qui n’échappe au déroulement des évènements, ces éléments qu’on appelle vie. Marche, marche, marche, vers le plus tard et le plus loin, au plus loin et le plus tard possible, marche vers ce qu’y t’a attiré, marche sans trop souvent repenser aux  lèvres jaunes. Il faudra bien.  Puisqu’il le faut, j’oublierai jusqu’à la froideur des nuits du sang.

En cas de nausée, respirez du fond du ventre, pensez à un champ, dans lequel poussent des bleuets, des coquelicots et des marguerites.

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