jeudi, 22 janvier 2009

Caos Calmo

Drame italien (2008), réalisé par Antonella Grimaldi, avec Nanni Moretti, Alessandro Gassman, Isabella Ferrari, Denis Podalydès, Charles Berling, Hyppolite Girardot

caos calmo.jpg


Le cinéma italien est tendance. Il y a eu Gomorra (Ni vu, ni lu), il y a Il Divo (J’irai le voir). Il y a la longue histoire du cinéma italien immortel.
Dans ce cinéma, deux stars contemporaines brillent au firmament national, européen et pourquoi pas mondial : Roberto Benigni et Nanni Moretti. Deux clowns gais qui font des films tristes, ou bien deux clowns tristes qui font des films gais.

Ici, Nanni Moretti n’est pas metteur en scène, mais acteur, même s’il est légitime de penser que le bougre aura de temps en temps placé son œil dans l’objectif de la caméra. Mais même cette aide, précieuse, du réalisateur de La Chambre du Fils n’aura pas suffit à sauver Caos Calmo du naufrage. Copieux nanar, à joindre à l’épouvantable The Inner Life of Martin Frost, du pourtant exceptionnel Paul Auster, ou du barbant Vicky Christina Barcelona (Si l’on excepte la composition succulente de Penelope Cruz), de l’indispensable Woody Allen, dans un passé très récent.

Il y a, à l’origine de Caos Calmo, un livre, succès sidérant en librairie, paraît-il, écrit par Sandro Veronesi. On y parle de la mort, du deuil et de la vie, qui continue. Pas de surprise en ce qui concerne ce point, tout y est, tel quel, sur pellicule : tout. Le scénario a tout absorbé, comme une grosse éponge. Les personnages du film parlent comme des personnages de roman. Non, mieux : ils jacassent. Ils caquettent, ça n’en finit pas ; on offrirait bien à Moretti une muselière pour le faire taire.
Du coup, si on veut tout mettre dans ce film, ça déborde, et le montage se révèle casse-gueule au plus haut degré. Patatra !, tout part en vrille. On s’achemine doucement vers le navet de catégorie un.
Il ne reste plus que la scène finale d’amour bestial, déplaisante au possible, qu’on dirait tout droit sortie d’un vieux film érotique des années ’70. Là, le spectateur ne sait plus où il est, ni pourquoi il avait eu envie de voir le film.

Enfin, comme tout film moderne qui se respecte, celui-ci frôle les deux heures. Ca peut sembler très court quand ce sont les frères Coen qui sont aux commandes, ici c’est assommant. Beaucoup trop calme, ce chaos.

Ecrire un commentaire