mardi, 21 octobre 2008

Le Portrait - Iain Pears

Le Portrait, de Iain Pears, est un roman à la psychologie racée. La profondeur de l’analyse émotionnelle des deux protagonistes, le portraitiste et le modèle, prête à l’admiration. Pourtant, le style y va par petites touches, tantôt impressionnistes, tantôt symboliques, parfois encore carrément expressionniste. Ne pas trop en dire sans verser dans l’incompréhensible ou l’opaque, ne point trop dissimuler sans céder au piège de la platitude. Peindre le portrait de l’un, critique respecté en Grande-Bretagne, laisser parler l’autre, le peintre solitaire. Sur une île franco-anglaise battue par le vent et la pluie, où les tempêtes se déchaînent souvent, où les gens sont frustres comme le roc, voici la rencontre de deux anciens amis, brouillés par d’anciennes histoires, des secrets et des humiliations mal digérées. Beaucoup plus mal qu’on ne le soupçonnerait dès la première ligne. Le premier chapitre s’appuie sur de chaleureuses retrouvailles, traversées par des fulgurances d’animosité. Le dernier chapitre s’articule autour de la haine, traversée à son tour par de brefs sursauts de tendresse, ou de nostalgie. Entre les deux, la montée en puissance de la vengeance et de la rancœur, au fur et à mesure que se poursuit la réalisation du portrait.

Iain Pears, après deux épais romans d’une qualité indéniable, Le Cercle de la Croix et Le Songe de Scipion, a écrit avec Le Portrait un roman court extraordinaire, en forme de monologue. Pour renforcer l’artifice, le peintre, maniant le pinceau, manie en même temps le verbe, et nous raconte leur histoire commune, au critique et à lui. Ainsi se dessine un piège qui lentement se referme, tant sur le portraituré que sur le lecteur.
Plaisir de lecture et qualité de l’intrigue sont les maîtres mots de ce Portrait.

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Pears Iain, Le Portrait, éditions Belfond (2006), réédité aux éditions 10/18, Collection Grands Détectives, Paris, 2007

Commentaires

quelle joie indicible pouvoir te lire presque tous les jours a nouveau!

Ecrit par : B.Q. | mercredi, 22 octobre 2008

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