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jeudi, 14 août 2008

Sissi, impératrice d'Autriche - Jean des Cars

Sissi, ce sont les valses, le chocolat chaud, le Vienne impérial, l'avant-Freud, aussi. Mais Elisabeth de Wittelsbach, c'est un nom qui fleure l'inconnu, une figure historique ombrageuse.
Cette biographie très soignée de Jean des Cars nous permettra de découvrir qui fut cette jeune fille éternelle. D'une beauté que le temps ne flétrit jamais et qu'elle soignait , elle enchanta les cours d'Europe et du monde par sa simplicité, son intelligence, sa culture. Les chefs d'Etat disaient d'elle : « Elle est vraiment belle ! », s'écria le Shah d'Iran en la voyant pour la première fois.
Sa jeunesse, on la connaît à travers les films de Romy Schneider, et malgré ce ton romantique, ou plutôt mielleux, la réalité historique est parfaitement respectée : la jeunesse assez joyeuse auprès de ses parents, le duc Maximilien et la duchesse Ludovica de Bavière, le coup de foudre du jeune empereur François-Joseph, son cousin, l'antagonisme entre elle et sa belle-mère ainsi que tante, l'archiduchesse Sophie, ... Toutefois, on y tait scrupuleusement la mélancolie dont pouvait souffrir la jeune fille, dont les dents étaient par ailleurs gâtées. Elle rédigeait des poèmes naïfs sur l'abandon, la mort.
On connait moins bien par contre les grands malheurs qui frappèrent toute sa vie durant l'attachante Sissi : la mort d'une petite fille, Sophie, puis bien plus tard, celle de son fils, Rodolphe, à Mayerling.
On ignore tout aussi de l'instabilité dont elle souffrait. Toujours angoissée, toujours en mouvement, elle voyageait énormément, de Madère à Corfou, à travers l'Europe, à l'Est surtout, à l'Ouest parfois, par bateau, ou par train. Monter des chevaux nerveux, fondre à travers l'air et la nature, à toute vitesse, l'impératrice n'en a jamais assez.
Impératrice d'Autriche, là où elle ne jouit pas d'une grande popularité, mais reine adulée de Hongrie. Ses vues libérales la poussent à prendre la défense des aspirations d'émancipation des Magyars, dont elle a appris la langue, où elle se sent chez elle.

Jean des Cars retrace avec beaucoup de précision et d'intérêt la vie d'une femme tour à tout princesse sauvage, impératrice brimée, bafouée, perpétuelle insatisfaite, amazone, mouette, amie et confidente de Louis II de Bavière, avec qui elle partageait, dans une moindre mesure, certes, un mal-être qui confinait à la folie, martyre d'une violence qui se réveillait lentement à la fin du XIXe siècle et éclata en 1914. Un anarchiste l'assassinat en Suisse, sur les bords du lac Léman, le 10 septembre 1898. L'auteur prend aussi plaisir à décrire les tendres liens qui unissaient François-Joseph à sa femme : « il ne cessa de répéter, jusqu'à sa mort, le 21 novembre 1916 : "- Personne ne saura jamais combien je l'ai aimée.." »

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des Cars Jean, Sissi, impératrice d'Autriche, éditions Perrin, collection Tempus, 1983 et 2005 pour la présente édition, Paris

Commentaires

Ton blog semble bien sympas...je commence la lecture :). J'aime beaucoup la littérature, Jean des Car est un auteur qui m'a vraiment marqué...il a un petit truc ! J'essayerai de lire le livre qu'il a écrit sur l'impératrice Sissi (j'ai une passion pour les grandes familles royales du XIXièm siècle.)

Ecrit par : bella | mercredi, 03 septembre 2008

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