lundi, 26 mai 2008
Sous l'empire
Sous l’empire, les hussards sautaient des toits, livraient batailles, souffraient disettes et choléra.
Sous l’Empire, Marinette cachait le panier de son mistigri, priait parfois le ciel. Position saugrenue qu’une bigote en dévotion sous son siège.
Sous l’empire de l’impératrice, l’esclave s’affranchissait, bravait les fauves et devenait empereur.
17:27 Publié dans Débridage de Zarlobes | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
jeudi, 22 mai 2008
Le Scaphandre et le Papillon - Jean-Dominique Bauby
A la suite d’un accident cérébral sévère, Jean-Dominique Bauby, le rédacteur en chef du magazine Elle jusqu’en 1995, s’est réveillé d’un long coma prisonnier d’un Locked-in Syndrome , une rareté médicale qui inflige au patient qui en souffre l’un des pires pièges que l’on puisse imaginer : l’esprit a recouvré la totalité de ses facultés, mais le corps est devenu une gangue immobile, inutilisable et parfaitement handicapante. Il est enfermé en lui-même. Seule sa paupière droite peut encore bouger. Elle va lui permettre de garder le contact avec ses proches.
Grâce à une jeune orthophoniste, Jean-Dominique va pouvoir continuer à communiquer au moyen du seul alphabet encore utile en l’occurrence. Au prix d’un courage qu’il puise au plus profond de ses forces, Jean-Dominique écrira le récit de ses souffrances, de son combat. L’humour constituera son arme contre l’abattement, la tendresse aussi. En ressort un livre à la force lumineuse. Triste, aussi.
Il est difficile de raconter une émotion que l’on devine intense, d’un homme capable d’écrire de si belles choses, lui devenu pur esprit faute de mieux, lui qui observe le déroulement des choses sans plus pouvoir y prendre part, résigné à se passer des petites choses auxquelles il ne prêtait plus attention et qu’il regrette atrocement aujourd’hui.
Julian Schnabel, réalisateur américain né à Brooklyn, a tiré de ce triste évènement un film d’une grande sensibilité, plein d’espoir. Une gageure, car il ne s’agit pas d’un documentaire, mais bien d’une fiction inspirée de la réalité. Il fallait du cran pour aborder pareil thème sans tomber dans les poncifs du genre. C’est pourtant une réussite totale.

Bauby Jean-Dominique, Le Scaphandre et le Papillon, édition Robert Lafont, Paris, 1997, réédité aux éditions Pocket, Paris, 1998
18:07 Publié dans My two Cents | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
dimanche, 11 mai 2008
The Mist
Film d'horreur américain (2008), réalisé par Frank Darabont, avec Thomas Jane, Marcia Gay Harden, Toby Jones

Adapté d’une nouvelle de Stephen King, ce film d’horreur glace le sang. A partir d’une situation de départ convenue (Un brouillard épais et oppressant s’abat sur une petite bourgade des Etats-Unis et bloque un petit groupe d’individus dans le supermarché du coin), le récit s’oriente peu à peu vers un sommet de terreur : des monstres bizarroïdes surgissent de la purée de pois, tuent tous ceux qu’ils rencontrent. A l’intérieur du magazin, les esprits rationnels s’opposent aux fanatiques religieux, de plus en plus véhéments au fur et à mesure que la violence des attaques des créatures à l’extérieur augmente.
Le déroulement du film est tendu comme une arbalète ; les monstres, parfois suggérés, parfois montrés en gros plan (surtout pendant les scènes d’offensives), ne sont pas les seuls à commettre des atrocités : l’antagonisme entre les « pragmatiques » d’une part et les fous de Dieu d’autre part monte en puissance jusqu’à en venir au meutre. Les armes à feu, objets de mort, que les « bons » comme les « méchants » emploient pour sauver les uns leur vie, les autres leur âme immortelle, les armes à feu engendreront d’ailleurs la fin de The Mist, lugubre, désepérée, ironique. L’homme sera toujours à l’origine de sa propre destruction, à force de ne pas croire en lui, de ne pas croire au bien.
Somme toute, The Mist demeure un film de série B, d’excellente facture cependant. Très efficacement filmé (Le réalisateur ne recourt qu’à des plans rapprochés et des gros plans, ce qui renforce bien sûr l’impression de claustrophobie durant toute la durée du récit !), utilisant avec talent les standards du genre horrifique, The Mist compte parmi les bonnes adaptations du romancier, nouvelliste, scénariste et réalisateur lui-même, Stephen King.
10:30 Publié dans My two Cents | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
mercredi, 07 mai 2008
Rescue dawn
Film de guerre américain (2006), réalisé par Werner Herzog, avec Christian Bale, Steve Zahn, Jeremy Davies

Rescue Dawn est un récit filmé qui s’inspire de l’histoire vraie d’un pilote US d’origine allemande, Dieter Dengler, soldat durant la guerre du Vietnam, capturé par l’ennemi alors qu’il était en mission secrète au dessus du Laos. Retenu dans un camp de prisonnier où les conditions de vie s’avèrent très difficiles, maltraités par des geôliers frustres et violents, Dieter se lie d’amitié avec ses compagnons d’infortune et leur insuffle le peu d’espoir en une issue heureuse qu’il lui reste. Afin d’échapper à l’horreur de la détention, il leur propose de s’évader et de tenter de rejoindre la Thaïlande à travers la jungle, en suivant le lit du fleuve Mekong.
S’il faut s’étonner du peu de succès de Rescue Dawn en Belgique (Et sans doute un peu partout !), c’est sans doute à cause de la synthèse peu évidente mais à mon sens assez réussie entre film d’auteur, film de genre et film grand public. Film d’auteur car Werner Herzog, que les cinéphiles connaissent bien, développe des thèmes qui lui sont chers : l’homme et la nature, le struggle for life, la folie, la résistance aux épreuves physiques. Film de genre, ensuite : il me semble bien que les films sur la guerre au Vietnam constituent un genre à part entière. Il est vrai qu’un bourbier pareil, ça n’arrive pas tous les jours dans l’histoire d’une nation (Mais ça peut arriver au moins deux fois…), que le cadre se prête en outre parfaitement à des récits d’aventure. Et puis, les films de guerre toutes époques et tous cadres géographiques confondus plaisent toujours beaucoup. Film grand public enfin, car le choix de l’acteur principal (Christian Bale, excellent et extrême ; il perd à nouveau du poids de manière spectaculaire pour les besoins du film, et combat un serpent à mains nues !) ne tient pas seulement à son implication totale dans chaque rôle qu’il endosse, il tient aussi à son charisme et à sa popularité, je crois. Film grand public aussi parce que le happy end, acceptable en soi, est tellement appuyé qu’on y sent comme une rupture, un décalage entre la noirceur du propos et cette scène où tout finit bien et où tout le monde applaudit. Et où tout le monde porte des vêtements imaginés par le costumier des Télétubbies. Mais je m’égare.
Je ne consomme pas volontiers ce genre de films ; pas ma tasse de thé. Mais il faut reconnaître qu’avec un excellent metteur en scène aux commandes, un scénario bien ficelé derrière la caméra et de bons jeux d’acteurs, on se laisse finalement séduire. Une chance d’avoir vu ce long-métrage (Deux heures six minutes, raisonnable par les temps qui courent !) sur grand écran, à la télé j’aurais changé de chaîne. C’eut été une erreur.
16:58 Publié dans My two Cents | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note


