samedi, 29 décembre 2007
Venise, ce que cette vile cité m'inspire...
« Les minutes qui suivent le réveil sont souvent merveilleuses, elles portent en elles l’oubli complet des tâches, ou des déplaisirs qui nous attendent au cours de la journée. Ainsi le 07 décembre, couché dans le lit de mon amour, à ses côtés et puis dans ses bras, je ne m’inquiète de rien. Hélas, cette volupté n’a qu’un temps, et les rouages de la mémoire finissent toujours par se mettre en branle. Ce jour-là, il va falloir monter dans un avion, en accepter le vertige, des miles et des miles entre mon corps et le plancher des vaches. »
C’est ainsi que je voulais commencer le récit de ma première journée à Venise. Mais trois semaines se sont succédées depuis, sans que je trouve l’envie de raconter par le menu ce qui m’est arrivé le 07 décembre dernier. Aussi, il me revient des souvenirs qui tournoyent autour d’un axe central couleur de chagrin, car des évènements peu heureux ont eu lieu, obscurcissant l’horizon. Il se pourrait bien qu’il ne soit d’aucun intérêt que je décrive ce voyage passé en amoureux avec mon BQ, il se pourrait même que cette note ne paraisse jamais, et qui s’en plaindra ? Pas moi en tout cas, car je n’en ai pas réellement envie. Je n’aime pas écrire pour le plaisir d’écrire, il n’y a rien à raconter.
Sauf une ville magnifique et sophistiquée, que j’ai découverte dans toute sa violente beauté par une nuit froide et délaissée des badauds. La place Saint-Marc s’étendait, un rectangle majestueux ouvragé de têtes de lion, un parcours de galeries parsemées d’arcs soutenant des étages inhabités et peut-être même hantés et qui se déroulent jusqu’à l’imposant campanile de style renaissance et, plus loin encore, la basilique Saint-Marc, dont les dorures se taisent dès que le soleil la boude. Un vaisseau sur le point de chavirer, écrasé par le poids des pêchés d’orgueil de la Sérénissime, si élégante et raffinée que le temps, dans sa toute puissance, noie peu à peu. Venise s’endort, les pieds prisonniers des sables mouvants. Vanité, tout n’est que vanité. Vanité, six lettres, trois syllabes qui évoquent son nom, qui lui correspondent presque comme une trace de pas sur la plage correspond au pied qui l’a formée, comme un coquillage qui laisse sur la terre son emprunte fossile pour les siècles et les siècles. Cette cité lagunaire chancelle déjà, et rien sinon la grâce de Dieu ne pourra l’empêcher de choir.
21:10 Publié dans L'Antre de la Panthère | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note



Commentaires
Très belles impressions sur Venise. J'adore toujours autant ta façon d'écrire, même si je ressens bcp de tristesse. Biz
Ecrit par : Elie | dimanche, 30 décembre 2007
la melancolie, mon cher Monsieur, c'est le bonheur d'etre triste!
Ecrit par : B.Q. | jeudi, 03 janvier 2008
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