dimanche, 19 août 2007
Paris, en août
4h45 : Ô déplaisante sonnerie de portable ! A cette heure-ci, c’est carrément pas supportable, pire qu’une revendication flamande.
4h50 : Premier et dernier rappel : se lever maintenant, où alors je rate le train et adieu le Thalys. Ce qui, franchement, s’avérerait bien dommage.
5h10 : Lavé, habillé, éveillé dans une certaine mesure, du moins. Sac prêt, avec boisson, portefeuille (sans argent, fâcheux), chats encore endormis. On se met en route, en voiture ; à cette heure, je trouverai une place aux alentours de la gare.
5h18 : Dans le train, trois petites minutes avant son départ. La place se fait déjà rare, tandis que le jour n’est même pas encore debout. Les voyageurs occupent déjà de nombreuses places dans le wagon.
6h24 : Gare du Midi. Je vais rapidement chercher des sous au distributeur automatique. Il n’y a pas de queue, pour une fois. J’attends ma pote imbécile heureuse préférée, qui me rejoint quelques minutes plus tard, munie de la tête des grands jours, les yeux pétillants de vie et d’énergie.
Petit déj au Panos, viennoiseries bien grassouillettes, femme qui parle toute seule à portée de table, qui me déconcentre. Pas un exploit, compte tenu de l’heure, j’arrive péniblement à aligner deux mots, idem pour ma convive.
7h13 : Le Thalys démarre, et à vive allure il nous transporte vers Paris * C’est une blonde *. Dans le train, nous chantonnons quelques airs, péchés dans nos mémoires : « Le Gitan », « Et j’entends siffler le train » (De Richard Anthony, bien sûr !), « Avec le temps » (Pour mettre de l’ambiance ; bouge ton corps !), « San Francisco » (« C’est une maison bleue, adossée à la colline, on ne frappe pas, ceux qui vivent là ont jeté la clé… »), « Twist à Saint Tropez » (« Ca fait partie de l’ambiance ! »), « Oh ! Laura » (Plusieurs versions admises), … A force d’étaler notre répertoire : « Nostalgie, la légende », nous ne voyons pas le temps passer, nous sommes là.
08h38 : Dans le métro. Christelle s’étonne du bruit. Hé oui, par rapport au métro de Bruxelles, ce n’est pas aussi propre, aussi silencieux. Un temps d’adaptation, et Krikri se familiarise avec son nouvel environnement. Moi je suis déjà venu, je peux me la péter avec ma connaissance pointue du fonctionnement du métropolitain. C’est rare que je ne passe pas pour le provincial de service, autant en profiter !
09h00, environ : Nous sortons sous un ciel bleu timide, mais encourageant. D’après les sources de Krikri, on attend vingt-cinq degrés dans Paris ma bonne ville. La pyramide du Louvre nous accueille, elle et ses soi-disant 666 losanges et triangle, dixit Dan Brown. Il faudra un jour qu’on révèle aux fans de son livre qu’en réalité, le monument compte 673 panneaux vitrés, c’est le service de presse du musée qui l’assure. Je ne m’amuse pas à vérifier, je me prête plutôt de bonne grâce à une séance de photographies « made in Les Imbéciles Heureux © ».
09h30 : Arrivés devant le musée d’Orsay, après une marche « bellamente ». En chemin, j’ai remarqué que les affiches de cinéma ne reflètent pas une grande originalité. L’affiche du film « Rintintin » évoque davantage « Rex, chien flic » ou « Derrick ».
Face aux caisses du musée, une longue file de plusieurs centaines de touristes, la plupart, peut-être tous, d’origine étrangère.
Je me veux rassurant : « D’ici une vingtaine de minutes, nous serons dedans ! »
10h20 : Nous achevons juste de déposer le sac de Krikri au vestiaire. Le temps d’attente s’est prolongé au-delà de mes estimations, je bats m’a coulpe. Je n’en puis mais, n’est-ce pas ?
A l’intérieur, on commence par une recherche intensive des toilettes pour un pipi de confort, cette commission qui laisse le promeneur tranquille, grâce au confort offert par une vessie vide.
Ensuite, nous entamons notre tour, en commençant par les statues classiques d’artistes académiciens dans le grand hall. On s’amuse beaucoup à observer de près les vêtements des héros de l’endroit, et les attributs « virils » pour le moins modestes des nus masculins.
Au détour d’un corridor, nous entrons dans une exposition sur la main. Oui, la menotte, membre privilégié du cerveau (Ca ne s’invente pas !), qui en dit long, comme chacun s’en doute, d’ailleurs les photographes du XIXe siècle n’y sont pas allés de main morte, ils considèrent les pinces comme un élément à part entière, en tout cas c’est ce qu’on tente de nous faire croire, surtout quand on aborde la photographie d’un cheval, qui possède des jambes, en effet.
On comprend qu’on n’a pas grand-chose à attendre, main dans la main Krikri et moi nous prenons la tangente. On photographie une malheureuse qui se protège d’une rafale de phalanges, puis on poursuit notre tour. On s’arrête un bon moment devant un sol vitré sous lequel on retrouve une maquette du quartier de l’opéra. Ma copine, prise de vertige, n’ose s’aventurer au-dessus du monument miniaturisé, et lorsque je l’y entraîne (« Moi, j’ai peur de rien ! »), elle s’ingénie à marcher en suivant une des rainures métalliques.
11h30 : Moi, je fais plein de trucs, depuis ce matin. Alors là j’ai les dents. On visite encore un peu, on s’attarde devant Courbet, et puis on se met à la recherche du couteau et de la fourchette qui invite le visiteur à se rendre au restaurant du musée d’Orsay. Or, c’est décevant, ce restaurant : cher, et le menu n’a pas l’air top.
De guerre lasse, on rebrousse chemin. * Pour nos amis, c’est la consternation ! * On s’assied sur un banc, on se dit qu’on piquerait déjà volontiers un petit somme, une sieste profonde et délicieuse. On ne trouve plus le courage de visiter les galeries l’estomac vide.
A force, on trouve un soupçon de courage pour aller voir les impressionnistes. Bien nous en prend : sur le chemin, on tombe sur la brasserie qui propose une restauration rapide. Super, on va faire la queue, ça vaut la peine, c’est moins cher. En tout cas en valeur relative, car dans l’absolu, dix euros cinquante cents pour une lasagne (Pas plantureuse, oh que non !). Quant aux consommations, on entre carrément dans le registre du racket. Quatre euros un thé glacé, et autant pour un coca, ça va, il y a de quoi tenir un siège !
Après ce repas trop peu roboratif, je décide de prendre le dessert le plus lourd proposé : gaufre de Liège avec chantilly, chocolat fondu et crème glacée. Invraisemblable, gras, calorique, vulgaire, mais mangé sans rechigner.
14h00 : Séance de glandouille sur la terrasse panoramique, avec vue imprenable sur Montmartre, accessible uniquement en été. On se fait encore pas mal de réflexions sur les gens que l’on croise, puis on poursuit notre chemin, direction la galerie des impressionnistes à l’étage. On déborde d’énergie.
16h30 : On a quitté le musée, et après avoir failli perdre ma casquette à la suite d’un coup de vent farceur (Un sympathique touriste japonais aura la gentillesse d’arrêter la course folle de mon couvre-chef …), on embarque sur le bateau-bus. Service proposé par la ville de Paris, on bénéficie d’une remise substantielle en présentant le ticket d’entrée du musée d’Orsay. On embarque, et vogue la galère, on découvre les monuments. C’est la première fois que j’emprunte la Seine. Séquence émotion.
17h et quelque chose : On débarque à l’arrêt « Champs Elysées » (« J’m’balladais, sur l’avenue, le cœur ouvert à l’inconnu, j’avais envie de dire bonjour à n’importe qui. N’importe qui, et ce fut toi. » Genre : toi ou une autre, tu sais, finalement …) Christelle souffre des pieds, meurtris la veille par une paire de ballerines sanguinaires. On marche « bellamente », en tout cas je m’y emploie, mais pas toujours évident avec mes jambes de sauterelles. On progresse à son aise, à la recherche d’un endroit pour … manger. On subit de mauvaises influences, je crois, on ne songe plus qu’à son estomac on dirait ! Enfin, on jouit quand même aussi de notre parcours sur la plus grande avenue du monde (« Il suffisait de te parler, pour t’apprivoiser. » Genre : tu étais une fille facile dès le départ …).
Nous finirons par manger dans un fast-food belge, très sale par ailleurs.
19h15 : Métro, à nouveau. Ma pote semble à nouveau fort mal à l’aise. C’est vrai qu’ici il règne la saleté, la touffeur d’un réseau souterrain, la frénésie des gens pressés et pas forcément heureux de se trouver là.
On atteint donc la Gare du Nord avec plaisir. Là, on prend encore une consommation, vendue ici aussi à prix d’or (« Ah si j’étais riche ! »). On se bat un peu avec les pigeons, fort familiers dans le coin, puis on embarque. Notre voiture, comme c’est souvent le cas pour moi, nous attends à l’autre bout du quai.
Sur le chemin du retour, nos paroles perdront beaucoup en cohérence, mais nous rigolerons encore beaucoup, le tout en musique, car comme chacun sait, les belles histoires, en France, finissent toujours en chanson.
15:10 Publié dans Collaboration entre Krikri et BEPP, Paris tout ce que tu veux | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note



Commentaires
5h du mat' j'ai des frissons, je claque des doigts et je monte le son ...
Ecrit par : Christelle | lundi, 20 août 2007
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