jeudi, 28 juin 2007

Zodiac

Film américain (2007), réalisé par David Fincher, avec Jack Gyllenhaal, Mark Ruffalo, Robert Downey Jr., Anthony Edwards (Warner Bros)

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David Fincher est l'homme des très bons thrillers de cette dernière décennie : Se7en, chef d'oeuvre incontesté qui forme avec Le Silence des Agneaux (de Jonathan Demme) le duo inspirateur absolu de tous les métrages du genre qui ont suivi.
Fincher nous revient cette fois avec une reconstitution minutieuse, presque maniaque, d'une série de meurtres qui terrorisa la mythique ville de San Fransisco dans les années soixante et septante. Le Zodiac, comme il se fait appeler, abat ses victimes avec froideur, de manière aléatoire. Mais il ne se contente pas de ses excursions macabres ; il vante ses exploits auprès des médias et de la police, narguant les plus fins limiers et exacerbant le flair des journalistes. Jamais les forces de l'ordre ne parviendront à mettre la main sur le serial killer, et aujourd'hui encore, le doute plane toujours quant à son identité.
Robert Graysmith, caricaturiste au San Francisco Chronicle au moment des faits, s'est penché de manière compulsive sur le cas, subjugué par l'insoluble mystère, caractérisée par les faux-semblants, les culs-de-sac et les aberrations en tout genre. Il finira par publier un fameux best-seller, intitulé évidemment : Zodiac, dans lequel il identifie le coupable. Sa thèse n'a néanmoins jamais été ni validée ni complètement discréditée.
Mais bien davantage que le mystère de l'identité de ce Jack l'Éventreur du Pacifique, c'est la fin sanglante d'une époque que traduisent les meurtres du Zodiac, indissociables de la fin des golden sixties, du bourbier vietnamien ou encore de l'affaire Manson.

Et c'est précisément cette fin d'une ère dorée, où la libération des mœurs permit de rêver à un futur heureux, que David Fincher reconstitue avec le souci de précision extrême qu'on lui connaît. Retraçant la quête d'un policier (Mark Ruffalo) et de deux journalistes, Paul Avery (Robert Downey Jr.) et Robert Graysmith (Jack Gyllenhaal), le réalisateur nous plonge dans une Californie à un tournant de son histoire, où l'hyper violence frappe à la porte des joyeux Américains convaincus que leur sécurité est à jamais assurée.

Mêlant avec bonheur l'esquisse sociale et le thriller, Fincher excelle évidemment dans les scènes d'angoisse, peu nombreuses mais très efficaces. Sans doute l'absence de fioriture ou d'effet ainsi que leur arrivée abrupte dans le récit y contribue-t-elle ; mais c'est surtout le recours aux plans rapprochés étouffants lors de l'imminence de l'attaque du Zodiac, une méthode propre à Fincher, qui marque les esprits.

Si l'on excepte l'approche du personnage de Graysmith, trop boy scout pour qu'on y accorde réllement de la crédibilité, Zodiac est un excellent film, mine inépuisable de mises en abyme (Parallèles entre le travail d'enquête de Graysmith et celui, évident, de Fincher, évocation et même utilisation de certaines images de Scorpio, le film de l'inspecteur Harry inspiré du Zodiac, ...), intelligent et haletant. Sa longueur sert son propos et reflète la complexité de l'oeuvre. A voir.

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