vendredi, 22 juin 2007

Euro Visions

Euro Visions, les nouveaux Européens par douze photographes de Magnum. L'idée de monter cette exposition est née de l'écart constaté entre l'importance de l'entrée dans l'Union européenne de dix nouveaux États membres (Petit jeu : cite les ! Piège : deux nouveaux venus nous ont rejoint depuis le 01 janvier 2007. Indice : regarde la paragraphe suivant, une agréable surprise t'y attend...) et la méconnaissance de ces pays.

Alors dix photographes de Magnum ont reçu une carte blanche, pour partir mitrailler le pays de leur choix parmi ces nouveaux venus. A l'occasion du cinquantième anniversaire de la signature du Traité de Rome, et dans le but plus ou moins avoué de rendre quelques couleurs à une construction européenne plus morte que vive, le Musée des Beaux-Arts de Bruxelles offre donc ses cymaises jusqu'au 01 juillet 2007 aux clichés de Bruno Barbey (Pour la Bulgarie), Carl de Keyzer (Pour Malte), Martine Franck (pour la Tchéquie), Alex Majoli (Pour la Lituanie), Peter Marlow (Pour Chypre), Martin Parr (Pour la Slovénie), Paolo Pellegrin (Pour la Roumanie), Mark Power (Pour la Pologne), Lise Sarfati (Pour la Lettonie), Chris Steele-Perkins (Pour la Slovénie), Donovan Wylie (Pour l'Estonie) et Patrick Zachmann (Pour la Hongrie).

Les photographies jouent des contrastes très vifs existant dans ces anciens satellites de l'URSS communiste : modernité versus tradition, occidentalisation versus "Ostalgie", richesse versus (grande) pauvreté, joie versus mélancolie slave, paix versus vieux conflit (Chypre).
Mettant en avant la litote pour exprimer l'essence du pays, les clichés exposés interpellent grâce à l'émotion qu'ils peuvent, dans certains cas du moins, dégager. La tristesse, comme un parfum qui emplit les narines, vole dans les décors de neige de l'est en hiver. L'abandon frétille sur l'aéroport international de Chypre, vaste vaisseau fantôme surréaliste et effrayant.

Ce sont parfois de belles rencontres qui se créent entre le spectateur et les sujets, mais il y a parfois de la déception devant l'étalage d'un certain snobisme. Beaucoup de photos ennuient, et évoquent davantage les diapos de vacances de monsieur et madame Dugenou que l'image qui transmet un sentiment, une idée. Un tri plus sélectif aurait permis d'éviter le syndrome du : "Trop de clichés tuent le cliché !"
Mais il ne faudrait toutefois pas bouder son plaisir ; Euro Visions plaira aux curieux. L'occasion de se rendre compter que nous nous ressemblons assez bien, nous tous Européens confondus.

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