jeudi, 19 avril 2007
Une petite fugue, pas de Bach, mais de Cambouis, évidemment !
Hier, si quelqu'un m'avait demandé mon plat favori, sans hésiter j'aurais répondu : le civet de chat(s) !
Il devait être aux alentours de minuit que je décidai de me coucher. J'appelle les chats qui comme souvent à pareille heure gambadaient sur les toits. Largo répond à l'appel seul. Pas le moindre bruit annonçai que Cambouis se déciderait à ramener sa fourrure de mon côté. J'en pris mon parti, et me résolus à aller au lit, en prenant soin de laisser la fenêtre ouverte, de manière à pouvoir l'entendre à son retour.
Après avoir lu quelques pages, ne voyant toujours rien venir, sinon la nuit qui nuitoye et le ciel qui noirçoye, je sortis, mû par un étrange pressentiment. Et bingo ! Je prononçai le nom de ma nonoche de chatte et aussitôt un miaulement désespéré me répondit. A coup sûr, elle s'était encore lancée à corps perdu dans une course-poursuite, ou dans Dieu sait quel jeu, et avait atterri à un endroit d'où elle ne pouvait plus se tirer, genre les cours intérieures d'en dessous des toits où folâtrent les brigands, dont j'ai déjà eu l'occasion de parler (Comme par exemple ici).
Pour sortir mon andouille grise de ce mauvais pas, je n'avais guère d'autre choix que de descendre dans la petite rue parallèle à la mienne, et de trouver un moyen improvisé de la libérer. Je pestai, puis enfilai un gros manteau (Ma grosse doudoune avec de la fourrure autour de la capuche, en fait...) par-dessus mon pyjama, parce qu'il faisait super froid en plus hier soir, passai une paire de baskets sans chaussettes dessous (Bonjour le confort !), et me lançai enfin dans la froideur nocturne, n'écoutant que mon courage et jurant comme un charretier.
J'arrivai dans la ruelle, je lance quelques : « Cambouis ! » bien sentis. Le sot animal feula à fendre l'âme. Je la repère ; la cour dans laquelle elle s'était faite prendre au piège, ne m'était en rien connue. Il me fallut donc d'abord repérer les liens. Le portique d'entrée, d'abord : bois à moitié pourri, mais renforcé de ci de là par des renforts métalliques rouillés. Super. Le mur du côté droit de l'enceinte : trop haut, impossible pour moi de me hisser, ni pour Cambouis de l'escalader. Restait bien alors la solution des toits, mais... NON, MILLE FOIS NON !
C'est donc par la vieille porte de bois qu'il me fallut extraire ma chatte de son piège fatal. Oui, fatal, n'ayons pas peur des mots ! Si je n'avais pas eu un remord à ne pas la voir revenir, elle n'aurait été libérée que ce matin, au mieux. Elle se serait peut-être blessée à force de vouloir s'échapper, aussi. Ou bien elle aurait été terrorisée par les bruits de la journée, se serait tue, et ...
Je sais, je dramatise souvent, mais ici mes peurs ne ressortent-elles pas davantage du risque potentiel que du fantasme catastrophiste ? Bref, je m'égare une nouvelle fois de mon récit.
Après une brève inspection du bas de la porte, j'en viens à la conclusion qu'il y a moyen d'y agrandir un trou déjà présent dans la structure ». Aucune alternative ne se présentait à moi donc ... ben je dû arracher à la main, en tirant sur une latte plus vermoulue que les autres, mais assez costaudes malgré leur air moribond. Je priai pour que :
a) la police n'arrive point à cet instant (« Puisque je vous dis que je suis en train de libérer mon chat ! ») ;
b) le propriétaire ne se pointe pas non plus (Peut-être est-ce un cliché, mais j'imagine que les chats qui possèdent ces cours abandonnées en plein centre ville ne figurent pas sur la liste des braves paroissiens bien tranquilles. Si ça tombe, ça appartient à la mafia, et tous les mafieux de Namur vont lancer une omerta tout prochainement contre moi ! ... Fantasme catastrophiste inutile) ;
c) qu'aucun quidam épris de justice ne me moleste pour éviter un nouvel acte de vandalisme.
Je dégageai donc un petit trou. Cambouis, assez maligne quand même pour ce genre d'aventures, glissa instinctivement sa grosse caboche, mais le reste du corps ne suivit pas. Si on avait eu de la chance, en même temps, ça m'aurait surpris... Je détachai « délicatement » une seconde latte, en m'aidant de la première comme levier. La bougresse tenait bon. Mais au bout de quelques efforts, elle céda. La chatte n'eut plus alors qu'à rejoindre son papa bien aimé, et en se blottissant craintivement dans ses bras protecteurs, car dehors, on fait moins la fière tout de suite.
J'admonestai aussitôt cette fugueuse, qui n'en était d'ailleurs pas à son coup d'essai. Oh que non ! Une fois rentré, pour la forme, je grondai aussi son frère qui ne la surveille pas comme un chaperon le devrait ! On ne peut faire confiance à personne, ici !
15:30 Publié dans L'Antre de la Panthère | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note



Commentaires
Heureusement plus de peur que de mal !
Ecrit par : christelle | jeudi, 19 avril 2007
C'était donc toi!!!! ;-)
Ecrit par : Hanakin | dimanche, 22 avril 2007
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