jeudi, 09 novembre 2006
Aïda - Verdi
Figurez-vous qu’hier, j’ai assisté à l’Opéra royal de Wallonie à Liège à un opéra, le très beau péplum de Verdi : Aïda. J’accompagnais Aline et son frère Sylvain à la représentation de ce mercredi 08 novembre ; nous devions à l’origine être plus nombreux, mais … Essayez donc de combattre les rhumes, les pharyngites, les horaires de Premier ministre et le manque de motivation aussi, parfois (Si si…).
Et j’ai passé une superbe soirée, je dois dire. Outre les dorures, l’ambiance feutrée, la rumeur persistante caractéristique d'une salle d’opéra avant le début du spectacle mêlée au son des instruments que les musiciens travaillent à accorder, … la distance extraordinaire (et tout à fait subjective) entre ce monde de culture et de plaisir et le train-train quotidien me réjouissait particulièrement après une journée de fou au boulot.
Lorsque la salle s’est éteinte et que les premières notes de musique se sont mises à tinter, le monde extérieur a cessé d’exister. Je me suis retrouvé dans un univers ouaté, à part, où les gens chantent de grands airs lyriques et donnent dans le pathos pour un oui pour un non. Une bluette tragique se déroulant en Egypte, du temps des pharaons.
Et moi, tout sur mon petit nuage, de suivre l’histoire d’Aïda
, une malheureuse esclave éthiopienne soprano, qui entretient un amour secret et interdit avec Radamès, un soldat ténor bien vu dans la high society égyptienne après avoir battu les armées éthiopiennes menées par le roi Amonasro, qui n’est autre que… le papa d’Aïda (Oui, vous l’aurez compris, Aïda c’est pas rien qu’une cendrillon memphite, ce fut aussi une princesse propre sur elle avant de se faire capturer par les perfides égyptiens…) . Radamès, lui, fait par ailleurs languir Amneris, la fille mezzo soprano du roi d’Egypte. Cette dernière finira par flairer l’oignon et menacera la relation contre-nature d’Aïda et Radamès. Le soldat décide alors de déserter (Comme ça, là, oui, finalement il fera comme ça…), de partir un jour sans retour avec la belle esclave-princesse-qui-fait-aussi-le-café. Mais on ne s’enfuit pas comme ça de l’armée égyptienne, et Radames, le tradittore, est rattrapé, emprisonné puis enfin condamné à finir emmuré vivant sous une crypte divine. Et à la fin, c’est triste mais c’est moral et digne, Aïda s’introduit subrepticement sans se la ramener dans le tombeau avec Radamès.
Franchement, il ne s’agissait pas de l’adaptation du siècle du fameux opéra de Verdi, commandé jadis pour célébrer l’inauguration du canal de Suez en 1869 (Mais pas achevé à temps, et présenté pour la première fois deux ans plus tard, au Caire… ; je sais, la culture, c’est comme la confiote…). Les chanteurs ne brillaient pas par leur charisme, Amneris manquait singulièrement de souffle malgré un coffre impressionnant (Aline, Sylvain et moi nous entendons à dire que la diva rappelait furieusement une certaine Bianca Castafiore…), Aïda me semblait assez vulgaire et Radames dégageait autant de phéromones sexuelles qu’un vieille tartine dans le fond d’un cartable. En revanche, la scénographie, l’organisation, la créativité de certains tableaux et surtout la maestria de l’orchestre rattrapaient méchamment la sauce.
A titre d’information, voici la fiche technique de la version 2006 de l’ORW de « Aïda » de Verdi, telle qu’on la trouve sur le site : http://www.orw.be/intro.php :
Production Theater Erfurt / Opéra de Monte-Carlo - Orchestre et Chœurs de l'Opéra Royal de Wallonie
Direction musicale Alain GUINGAL
Mise en scène Dieter KAEGI
Chorégraphie Barry COLLINS
Décors et costumes Bruno SCHWENGL
Lumières Roberto VENTURI
Chef des Chœurs Edouard RASQUIN
Aïda Adina AARON *
Amarilli NIZZA o
Amnéris Olga SAVOVA *
Lidia TIRENDI o
Gran Sacerdotessa Marie-Paule DOTTI
Radamès Zwetan MICHAILOV
Jean-Pierre FURLAN o
Amonasro Sergey MURZAEV *
Marcel VANAUD o
Ramfis Alexander ANISIMOV *
Mikhail KASAKOV * o
Il Re Léonard GRAUS
Un messagero Guy GABELLE
11:50 Publié dans My two Cents | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note



Commentaires
Si cet opéra de Verdi ne brille sans doute pas par sa "grandeur" (dans le sens noble de cet art), je constate avec grande impression toute la qualité de ta verve. J'ignore si tu t'es servi du dictionnaire des synonymes, mais l'effet est assuré.
Ecrit par : Arnaud | jeudi, 09 novembre 2006
Très beau commentaire sur une Aïda peut-être moins "grande" que ce à quoi l'on pourrait s'attendre.
Pour ma part, j'irai voir l'opéra au Palais des Beaux-Arts de Charleroi samedi prochain. J'espère que les chanteurs et cantatrices se seront un peu améliorés...
Ecrit par : Aelius | samedi, 11 novembre 2006
Merci beaucoup pour ton commentaire. Je te souhaite de passer un excellent moment opéra. Néanmoins, n'oublions pas que si la critique est aisée, l'art, lui, est difficile. Aussi, toutes les prestations d'artistes donnant le meilleur d'eux mêmes méritent le respect, quelle que soit la hauteur qu'atteindra leur performance.
Ecrit par : Cédric | samedi, 11 novembre 2006
Je suis allé voir l'Aida hier. J'ai même écrit une chtite critique sur mon blog. Bonne lecture
http://aeliusphilologus.blogspot.com/2006/11/la-critique-est-aise.html
Ecrit par : Aelius | dimanche, 19 novembre 2006
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