dimanche, 22 octobre 2006

Un samedi 14 octobre sur la Terre

Les brumes du sommeil s’évacuèrent non sans mauvaise volonté, tandis que mon corps se mettait en branle à l’aube de cette nouvelle journée d’automne.
Au menu des réjouissances : acheter un chapeau de cow-boy (Etrange, n’est-il pas ?), prendre le train vers Bruxelles, visiter deux expositions, revenir sur Namur via le réseau ferroviaire à nouveau, acheter quelques produits de maquillage (De plus en plus curieux décidemment !), me déguiser (Ca commence à prendre forme…), me rendre au volant de la titine-mobile jusqu’à un restaurant de la région du Centre, où Anne, Aline et une autre copine, Simona, allaient fêter leur vingt-cinquième anniversaire à l’occasion duquel les convives avaient été invités à se travestir (Bien sûr, tout devient limpide, maintenant ! Le chapeau, le maquillage, c’était pour le déguisement ! – Bien vu…).

Je me suis donc préparé en quatrième vitesse, vu que je ne connais pas d’autre manière de me préparer le matin : j’ai toujours un mal de chien à me lever après ma nuit, et un réveil qui sonne avant 9h00 un samedi, c’est carrément une torture. C’est pas que je sois fainéant, en tout cas je ne crois pas franchement m’abandonner à la glandouille plus souvent qu’un autre, mais bon, la vie trépidante impose des contraintes qui fatiguent l’organisme, et je ne prends sûrement pas assez régulièrement le temps de me reposer. Donc je ne me lève pas assez tôt, je reste scotché à la couette, je me refuse à quitter la douce chaleur du lit pour le froid et l’inconfort du dehors.
Une fois paré, je me suis lancé d’un pied franc et direct dans cette journée qui me réservait mille surprises.
Sur le chemin de la gare, je m’arrêtai une première fois à un magasin de déguisement qui se trouve fort pratiquement à quelques encablures de mon humble chez-moi. Je fus accueilli par une foultitude de sorcières et de monstres disposés là en prévision de la fête d’Halloween et du rush à prévoir, quand le temps sera venu pour les petits schtroumpfs de revêtir la peau de Frankenstein, de Dracula ou du psychopathe de « Scream » et de rançonner les innocents. Trick or treat…
Je finis par tomber sur une vendeuse, à qui je demandai de me montrer ses chapeaux de cow-boy (Ca n’a rien à voir, mais j’adore cette phrase-ci, elle a un petit quelque chose de mystérieux et d’entendu, un peu comme quand un inconnu aborde une jeune fille dans le tram et lui propose de venir chez lui admirer ses estampes japonaises…). J’hésitais quelques instants entre un joli modèle imitation crotale et un modèle plus simple en paille, toutefois une différence de prix non négligeable de dix euros me fit choisir le second. La vendeuse me proposa encore, pour améliorer mon déguisement, de prendre un faux pistolet, mais profondément pacifique et fauché, je déclinai. J’avais de toute façon une idée assez précise de ce à quoi allait ressembler ma création westernienne, et un revolver n’aurait rien apporté de plus à mon œuvre.
J’arrivai ensuite à la gare un peu en avance. J’en profitai pour m’acheter un petit pain au chocolat, car je n’avais pas déjeuné. Il me parût absolument délicieux tandis que j’attendais le train sur le quai.

J’atteignis la gare du Midi vers 11h30. Là m’attendait celle qui m’accompagne si souvent lors de sorties culturelles que l’on assaisonne à notre mode, celle avec qui tout peut soudain prendre un air de fête, même le plus anodin des voyages en transport en commun, celle dont « la mère est une voleuse », oui, vous avez compris, là m’attendait cette excellente Krikri. Nous avions programmé de longue date une sortie culturelle et peu onéreuse, puisque les expositions que nous allions visiter ce samedi ne coûtaient pas un balle, prétextes à assouvir notre curiosité et à bien nous marrer. Si vous, amis lecteurs, désirez en savoir plus sur nos sorties pour le moins particulières mais toujours conviviales et bonne enfant, n’hésitez pas à aller découvrir les archives du présent blog. Nul doute que vous trouverez de quoi vous divertir et oublier la grisaille du quotidien. « Si nous chantons le bleu de la fleur, c’est aussi pour vous divertir ! Avec mon équipe, je m’y engage ! »

Nous prîmes le premier métro vers le Botanique, cette merveilleuse institution culturelle. Sur place, nous demandâmes à la guichetière le chemin pour atteindre l’exposition « Balade et exotisme », rétrospective de l’œuvre du photographe Raphaël Carette. Je ne pourrais le jurer, néanmoins à me remémorer la scène, il me semble bien que la jeune guichetière esquissa un doux sourire ironique lorsque je prononçai le nom de l’artiste. En tout cas, si cela fut bien le cas, je n’y vis pas malice, et Krikri et moi nous frayâmes un passage à travers les bassins (Ceux qui ont déjà fréquenté le Botanique connaissent ces couloirs où des bassins remplis de poissons à l’air belliqueux et revanchard épient le moindre de vos pas… Je frissonne rien que d’y penser !) vers la salle que la réceptionniste nous avait indiquée. Nous parvînmes bientôt dans la partie réservée à l’expo. Une petite dame bien sympathique ma fois, la gardienne, nous accueillit de manière fort urbaine et fort civile.
Un coup d’œil rapide nous renseigna bien vite sur le temps que nous prendrait la visite de l’exposition : au grand maximum un quart d’heure en tirant bien dessus ! Au total peut-être vingt clichés, qui pour ma part, ne m’ont rien, mais alors là rien inspiré du tout. Sinon de la moquerie. En fait, pour vous expliquer en deux mots, Raphaël Carette, petit farceur devant l’éternel et membre pendant un long moment du collectif BlowUp (http://www.panoptic.be/panoptica/2002/blowup.html ), se glisse dans la peau du touriste pour voler des photos de touristes à la manière d’un touriste. Il paraît qu’à travers son œuvre, on « découvre comment la (fl)ânerie devient ainsi la meilleure alliée du photographe. » La critique affirme que c’est drôle et humain, moi je trouve ça surtout plat comme la soirée diapo des Durant-Chambon suivant leur retour de vacances au Brésil.
Bref, au bout de dix à quinze minutes, nous voilà Krikri et moi devant le livre d’or, la visite déjà achevée. Une petite dédicace s’imposait, assurément. Je me saisis d’un stylo, écrivis un petit mot idiot. Christelle cherche quelques secondes l’inspiration, puis se lance. A cet instant, la gardienne sort de la petite cahute dans laquelle elle s’était planquée, pour nous reconduire vers la sortie. Ma pote, gênée quand même par cette présence inattendue, inscrivit sa petite dédicace, puis déposa le stylo sur le texte, cachant ainsi la brève bafouille. Je ne résistai pas au plaisir de le lire. Malheureusement, au moment de rédiger ces lignes, et à ma grande honte, ma mémoire l’a oublié… Tu t’en souviens, toi ?
Après cette drôle rétrospective, qui nous prit bien moins de temps qu’initialement prévu, nous décidâmes de flâner dans les jardins du Botanique. Un bien bel endroit, d’ailleurs, formé de labyrinthe à la Lewis Caroll, de statues animalières qui invitent à la flatterie. Nous surprîmes même un mariage… Comme quoi, tout arrive le samedi.

Nous allâmes nous sustenter à l’endroit habituel. Un célèbre fast-food ixellois, situé Porte de Namur. Oui, le resto du clown, exactement ! Vous connaissez ?
Là, sans doute à cause de la fatigue, ou de l’ambiance festive, je ne sais, voilà que notre imagination se mit à s’emballer. Dans un premier temps, nous dégustions paisiblement notre hamburger. Krikri me narrait les mésaventures de l’homme le plus malchanceux de l’Hexagone (Une histoire TF1 !) et m’interrogeait régulièrement sur mon avis concernant la conjoncture actuelle en Papouasie. Dans un deuxième temps, nous imitâmes le bruit qu’émet une porte lorsqu’un quidam frappe contre elle pour entrer. Toc toc toc ! Vous situez ? Nous connûmes notre modeste succès. Puis me vint l’idée de faire une petite publicité à notre philosophie, à savoir l’imbécillité heureuse. J’inscrivis sur le carton vide de mon hamburger une courte accroche qui disait ceci, approximativement : « Inscription à la mouvance des imbéciles heureux. Ca ne vous coûtera pas un sou. Venez nombreux ! ». Puis je la déposai fièrement sur notre table, à la vue du plus grand nombre.
Nous aurions pu en rester là, bien entendu, mais franchement, il y avait encore plus drôle à faire. Et pour peu qu’on ne croise pas trop les regards ahuris des Bruxellois, nous on n’a peur de rien, de toute façon on ne connaît personne là-bas même si on y va souvent. Au bout d’une ou deux minutes, donc, voyant que notre pancarte n’interpellait pas tellement le public, nous décidâmes de le porter nous même et de l’agiter, à la façon des marchands de rue (Bon, d’accord, de nos jours on ne voit plus tellement de marchands de rue, m’enfin vous voyez le genre, je suppose... Un peu comme sur un marché…).
Nous aurions à nouveau pu en rester là, mais non. Afin de toucher une cible plus étendue, nous embarquâmes notre chère pancarte, que nous gardâmes en alternance Krikri et moi à hauteur de poitrine. Histoire de bien se faire remarquer aux feux de circulation, par exemple. « Bullshit ! »

A la gare Central, nous prîmes le métro pour nous rendre… où ? Je ne le savais que trop peu, les renseignements que Christelle voulut bien me donner ne me permettaient pas de visualiser quelle serait notre destination. Mon amie avait trouvé le plan sur le célèbre site mappy.be, célèbre pour … ses itinéraires foireux. La seule chose que je savais, c’est qu’au final, nous devions visiter la maison du bois, à Etterbeek. Soit.
Après une brève attente, nous montâmes dans la rame. Direction : station Beaulieu, sur la ligne 1A. Soit.
Les minutes passèrent, pendant lesquelles j’expliquai à Christelle que sa mère c’était rien qu’une voleuse, parce qu’elle avait pris les deux plus belles étoiles du ciel pour en faire les yeux de sa fille. C’est beau, nan ? Taquinerie inside…
Enfin nous arrivâmes. Je reconnaissais l’endroit. Nous avions atterri près du Delta. La zone, quoi…
Perdus ! Nous étions perdus ! Epuisés, qui plus est ! Nous marchâmes de ci de là, désorientés. A un moment, je m’écroulai même, épuisé, et conjurai Krikri de m’abandonner là et de partir seule, qu’au moins un de nous deux survive… Bon, d’accord, c’était moins grave que ça, mais je voulais faire mon petit numéro. Puis la rue était déserte !
Heureusement, Krikri a un ami bruxellois qui connaît la ville assez bien. Après quelques coups de fil, cette précieuse aide nous remit sur les bons rails. Nous prîmes à nouveau le métro, et descendîmes à la station Hankar. Une fois sortis, nous n’avions plus qu’à tourner à … gauche ? A droite ? Il avait dit quoi ton copain au téléphone ? A gauche, je crois. Ben à gauche toute, alors ! Nous marchâmes, progressâmes. Le décor urbain défilait. J’avais trop chaud, m’étant bien trop couvert. Il faut dire que lors de notre dernière sortie, après le concert de Philippe Katerine, j’avais crevé de froid, seulement habillé d’un fin t-shirt à manches longues. Et on s’étonne que j’ai une angine aujourd’hui (Ce qui explique que je trouve enfin le temps de rédiger cette note qui me tenait à cœur…). Mais je m’égare. Nous marchions, donc. Pris d’un doute, je demandai à un fleuriste autochtone s’il connaissait la maison du bois. Après quelques explications supplémentaires, il comprit où nous voulions en venir, et il nous expliqua la bouche en cœur que note but se trouvait… de l’autre côté de la chaussée que remontions ! « Bonne année, pauvre con, bonne année, pauvre conne ! »
Demi-tour ! En fait, si nous avions tourné à droite directement à la sortie de la station de métro, nous aurions gagné un temps précieux. Car pour ne pas arriver trop tard à mon anniversaire du soir, je ne pouvais me permettre de prendre le train du retour vers Namur trop tard, comme on s’en doute.
Pour passer le temps, je jouai à une « sonnettes party » de derrière les fagots. Vous savez, ce jeu qui consiste à appuyer sur des sonnettes au hasard, on l’a tous fait quand on était gosses ! Hé bien je confirme que même à vingt-quatre ans, ça reste fort plaisant. Sauf qu’on en avait vraiment trop marre que pour courir, donc on poursuivait notre chemin, sans nous retourner. Au pire, si on nous avait interrogés, nous aurions expliqué le plus naturellement du monde que ceux qui avaient fait le coup étaient de petits galopins qu’on venait de voir s’enfuir dans la direction opposée. Des dingues…
Enfin, après encore bien des hésitations, et des allées et venues inutiles, nous arrivâmes à la maison du bois, où se tenait l’autre exposition gratuite du jour : « Made in Wood – Architecture & Design ». Objectivement, après coup et en ayant parcouru le catalogue (Gracieusement offert, le fait est assez rare que pour être souligné !), je pense qu’elle en valait la peine. Mais on avait bien marché, bien déliré, et là, entourés de ces meubles modernes, de ces panneaux explicatifs exhaustifs et didactiques, nous n’avions qu’une envie : faire vite le tour et sortir.
Pour regagner la gare, nous empruntâmes la ligne bus 71 de la Stib, cette sympathique institution sur le compte de laquelle j’ai souvente fois voyagé lors de mes pérégrinations bruxelloises. Resquillage inside…
Enfin, nos chemins à Krikri et à moi se séparèrent. Mais ma journée était loin d’être finie pour autant. Et puisque je savais que des tas d’évènements m’attendaient encore, je piquai un somme dans le train, nous sans avoir laisse mon « titre de transport » bien en évidence. Car si je prends régulièrement le risque de voyager sans ticket en métro et en bus, en train par contre je ne tente jamais le coup. Les chances de réussite sont en effet nettement moins élevées…

Le train entra en gare de Namur un peu avant 17h45. Je me hâtai pour arriver à la parfumerie Di à temps, mais en vain. Lorsque j’atteignis la devanture du magasin, vers 17h53, la porte d’entrée était déjà close, et j’eus beau supplier muettement la vendeuse, elle me fit comprendre, elle aussi par signes, que sa caisse était déjà fermée. Ce dialogue aurait été considéré comme culte du temps du cinéma muet.
Fort marri, je ne me laissai pas abattre. Je rentrai jusqu’à l’appart, déposai mes petites affaires, entre autres le chapeau de cow-boy que je me trimballais depuis le matin, et fonçai au volant de mon bolide à quatre roues jusqu’à la grande surface la plus proche. Je trouvai par miracle une place, car les supermarchés le samedi soir, c’est méchamment bien achalandé, et après quelques errements, finis par tomber sur le rayon maquillage. Je demandai quelques renseignements élémentaires à la demoiselle qui se livrait à une démonstration de je ne sais quel produit, puis me lançai dans le recherche de :

- 1 mascara pour les yeux ;
- 1 flacon de vernis à ongles de couleur noire ;
- 1 pot de fond de teint.

Lâchement, j’ai prétendu à l’employée que j’avais dérangée que ces achats n’étaient pas pour moi, mais pour une amie clouée au lit. Ce qui je l’avoue relève de la couardise la plus crasse, car finalement, j’aurais très bien pu dire la vérité, à savoir qu’il s’agissait d’éléments pour un déguisement. Un rien queer, il est vrai, mais enfin, bon… hein !

Les courses faites, je rentrai chez moi, et m’enfermai dans la salle de bain pour l’opération : création d’un cow-boy trash tendance. Je commis bien entendu quelques catastrophes. Dans l’ordre : le fond de teint. J’ignorais qu’en réalité je n’avais pas affaire à un tube que l’on presse, mais à un pot rigide muni d’une espèce de spatule pour étaler la crème brunâtre (Je signale d’ailleurs aux producteurs de cosmétiques que le système tel que celui existant ne présente aucun aspect pratique, tandis qu’un tube à presser serait bien plus pratique, et moins salissant !). J’en mis donc partout ! Heureusement que je me trouvais à cet instant au-dessus du lavabo !
Le vernis à ongles, ensuite. Ca salit aussi bien fort, mais en outre ça prend instantanément, quasiment. Donc si on en met partout sur le doigt plus que sur l’ongle, forcément, le résultat laisse à désirer… Ca m’est arrivé.
Le mascara, enfin (Oui, mon cow-boy était très particulier, un peu genre Brokeback Mountain by night. Mais bon, fallait bien se distinguer !). Ca pique quand on en met dans l’œil ! Ca aussi, ça m’est arrivé.
Enfin, j’étais prêt. Problème : il était 19h, et j’étais attendu pour 19h à cinquante kilomètres de chez moi. « Tout-va-bien ! » J’appellai Anne ma Balbette, en attendant que mes ongles aient définitivement séché. Je pensai : « Je dois encore passer faire le plein, car le ventre de Titine crie famine, passer chercher des liquidités pour payer le repas du soir. Tout-va-bien. »
Au téléphone, Anne se montra fort compréhensive et rassurante. Je partis donc, avec mon maquillage, mon bandana bleu marine en guise de foulard, mon chapeau à la J.R. En retirant de l’argent de la banque dans le mur, puis on remplissant le réservoir d’essence de la voiture, je priai pour que personne ne prenne peur de mon accoutrement ridicule, n’appelle la police ou ne crie au satyre. Ceci dit, la situation me plaisait beaucoup aussi, et mon petit sourire en coin ne démentait sûrement pas cet amusement.
Sur l’autoroute, je roulai doucement, un peu plus de 110 km/h, histoire de ne pas consommer trop de carburant. Au prix que ça coûte. Comme dirait l’autre, « c’est cher ! »

La particularité du restaurant où se déroulait la fête résidait dans sa proximité du musée de Mariemont, dans lequel j’officie modestement (Une fois que l’exposition s’achèvera, je me ferai un plaisir de narrer mes impressions, mes expériences, mes découvertes, mes gaffes et mes humeurs. Restez-moi fidèles !) jusqu’au mois de décembre. Je me fiais donc sur mes vastes connaissances géographiques pour trouver quasiment immédiatement l’endroit.
Je circulai donc sur la grand route perpendiculaire à la célèbre drève qui, majestueuse, voûte gothique végétale, et arrivai à un carrefour où je visualisais fort bien une série de restaurants. J’imaginais bien que parmi ceux-ci je distinguerais celui qui me concernait. Que nenni ! Avais-je pris la peine d’imprimer un plan, « au cas où » ? Que nenni !
En désespoir de cause, je me résolus à demander mon chemin pour la deuxième fois aujourd’hui. J’entrai dans une friterie bien achalandée du coin, priant le vendeur de ne pas s’effaroucher devant ma tenue pour le moins singulière. Je le comprends, notez bien : un grand échalas d’un mètre nonante-six qui débarque déguisé en n’importe quoi, ça a de quoi déstabiliser le plus solide des gardes royaux de la reine d’Angleterre.
Je ressortis de là avec des indications claires et précises, et après m’être perdu une ou deux fois encore, je finis par trouver le restaurant où régnait déjà une ambiance de feu de dieu.
Ma Balbette, pareille à elle-même, devisait gaiement avec des amis. Je félicitai ma meilleure amie pour cette vingt-cinquième année J’embrassai immédiatement sa maman et son magnifique papa, qui assurait le service de la soirée.
Je me précipitai (Enfin, c’est une façon de parler !) vers Aline, à savoir mon colibri pétillant, lui souhaitait à elle aussi un excellent anniversaire, accompagné de mille vœux de bonheur. Enfin, je saluai Simona, la troisième comparse à fêter, et lui souhaitai à son tour tout le meilleur pour cette année nouvelle pour elle.
Mon costume, je l’espérait, ferait sensation. Pourtant, je constatai bien vite que les travestissements des autres invités atteignaient des sommets bien plus élevés que mon pauvre air de garçon vacher perdu un peu trop longtemps sur les monts de la Brokeback Mountain. Ne serait-ce que l’ensemble royal d’Aline en abeille (antennes comprises), la redingote amusante de Simona en coccinelle et les paillettes étincelantes d’Anne en papillon de nuit disco. Il y avait encore là un couple Marge et Homer Simpson, une doctoresse folle et son malheureux patient, deux sorcières, un ange, un psychopathe au fameux masque inspiré du « Cri » de Munch, un homme déguisé en femme, une grunge, une mariée … Ah non, au temps pour moi, la mariée, elle était pas déguisée, c’était une vraie, l’autre banquet dans la salle célébrait l’union d’un homme et d’une femme (Maintenant, dans nos belles contrées belges, faut préciser, ce genre de détail. Et je trouve ça bien…). Mais en tout cas, les couleurs, la joie et la bonne humeur se conjuguèrent pour créer une douce soirée dont, je l’espère, les héroïnes garderont un bon souvenir.
Pour ma part, je m’amusai follement tout au long de cette longue soirée, où j’eus le plaisir de croiser des amis de longue date, tels que Sylvie, fidèle parmi les fidèles, Anne et Thibaut, deux comiques avec qui l’orage gronda jadis, mais que je revois à chaque fois avec un peu plus de plaisir. Je découvris aussi des personnes fort aimables, et à la conversation stimulante et dynamique. En plus, les crudités, plats froids, poissons en sauce et autres charcuteries me goûtaient bien. Le vin, aussi. Heureusement qu’Anne et moi avions conclu que je dormirais chez elle cette nuit-là. Qu’est ce que j’ai bu !
La soirée s’acheva donc chez ma Balbette, fort logiquement, à des heures indécentes, à parler de tout et de rien, à refaire le monde après ma xième coupe de mousseux.
Je m’endormis heureux. Et en ronflant, me glissa Anne au réveil.

Commentaires

"La connerie est grande, j'en suis son prophète"

Ecrit par : christelle | dimanche, 22 octobre 2006

Mewci!

Ecrit par : Cédric | dimanche, 22 octobre 2006

Chouke,

je voudrais te remercier d'avoir relaté si fidèlement l'ambiance de cette soirée mémorable du 14 et d'y avoir consacré ces quelques lignes sur ton blog!

Je ne suis en effet pas prête d'oublier ce moment que j'ai eu l'occasion de partager avec mes amis "tous azimuts" les plus proches, chose que, tu le sais, j'affectionne tout particulièrement!!!

Les plus curieux pourront se faire une meilleure idée des déguisements et de l'ambiance en surfant cur:http://xeretix.122mb.com/ (photo anniv Anne 14-10)

Encore merci pour ta présence, pour les efforts consentis dans le cadre de ton déguisement splendide de cow-boy "olé olé" (:-)), je pense notamment à ce vernis noir, posé avec tant d'allégresse sur ces petits ongles qui n'avaient rien demandé à personne.....mdrr

Ceci dit, maintenant que tu as franchi cette grande étape, quand est-ce que tu vas te travestir en Dalida pour ta Balbette? (et pour le bon plaisir d'une autre personne, au moins :-)))

Bizouilles Chou! :-)

Ecrit par : Balbette | mercredi, 01 novembre 2006

Heu ma chère et tendre Balbette, je t'avoue que jamais tu ne me verras en nana!
Jouer un rien le provocateur, ça m'amuse, mais j'aime trop les mecs que pour les trahir et ressembler à une fille. De plus parmi mes nombreux fantasmes, celui-là ne figure absolument pas.

Ecrit par : Cédric | mercredi, 01 novembre 2006

Et voilà.....c'est un rêve qui s'écroule....

Encore une dure épreuve à surmonter....

La vie est une dure lutte n'est-il point? :-)

Ecrit par : Balbette | mercredi, 01 novembre 2006

J'oubliais (et c'est vrai que tu en as fait état à la fin de ta note)....mais qu'est-ce que tu ronfles quand tu as bu un verre!!!!! pouuuuuuuuuuuuuuu misère quelle affaire!!!!! mddrrrr (un cas de divorce!)

Ecrit par : Balbette | mercredi, 01 novembre 2006

Et sur ces bonnes paroles, je retourne jouer à l'ours mal léché dans ma tanière, tandis que Largo et Cambouis dorment enlacés sur mes genoux... :-)
Dalida, non mais je te jure… ^^

Ecrit par : Cédric | mercredi, 01 novembre 2006

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