dimanche, 22 octobre 2006
The Queen
Film britannique, français et américain (2006), réalisé par Stephen Frears, avec Helen Mirren, Michael Sheen, James Cromwell (Pathé Distribution)
Elu Premier ministre depuis quelques mois à peine, Tony Blair se trouve confronté le 31 août 1997 à un évènement inédit dans l’histoire de la Grande-Bretagne : le décès inopiné d’une ex princesse de Galles, Lady Diana, devenue dans le cœur des Britanniques « the People’s Princess », la vague d’émotion inouïe qui suivit sa disparition, et enfin l’hostilité du peuple face à la famille royale, murée dans un silence assourdissant depuis le domaine de Balmoral en Ecosse.
« The Queen » raconte la réaction ou plutôt l’apathie de la reine Elisabeth II face au décès de celle qui empoisonna une bonne partie de son existence. Un fossé se creuse entre le peuple, atterré par la fin violente de Lady Di, et leur souveraine, femme de traditions, incapable de céder à l’émotion en défaveur du protocole, et qui estime que le silence est de mise, la disparue ne faisant officiellement plus partie de la famille.
Seul le Premier ministre pourra décider la reine à rectifier son attitude rigide et inhumaine en apparence.
Drame shakespearien moderne, puisqu’il allie intrigue, introspection, grandeur et comédie (Les personnages de la reine mère, du prince consort ou de Sherry Blair sont savoureux !), ce film intriguant (Qui ne s’est jamais demandé à quoi ressemblait la famille royale dans l’intimité ?), audacieux aussi, fait la part belle à l’émotion et à la faiblesse humaine d’une dame qu’on serait tenté de considérer comme une extra-terrestre. Certains diront qu’il s’agit simplement d’une inadaptée, captive d’une fonction désuète et d’un monde hors du temps. Ils n’ont pas tort.
Il fallait en tout cas tout le savoir-faire de Stephen Frears pour ne pas tomber dans la caricature. Passant avec bonheur de tons proches de la comédie narquoise à un certain pathos sincèrement émouvant dans les scènes de deuil ou de détresse, le réalisateur maîtrise son sujet et offre un excellent divertissement.
Je ferai juste mienne la réserve émise par Libération dans l’article « Dans l’arène d’Angleterre », de Ange-Dominique Bouzet du 18 octobre : « pétrie de préjugés mais honnête et digne, Elisabeth II y apparaît comme une femme d'une intense intégrité. The Queen , sous ses airs de jouer avec le feu iconoclaste, tresse ainsi une super-couronne , sinon à la monarchie, du moins à sa représentante. » (http://www.liberation.fr/culture/cinema/211374.FR.php)
Site officiel : http://www.thequeenmovie.co.uk/
18:15 Publié dans My two Cents | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note



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