lundi, 14 août 2006

La chute

Vous connaissez la blague du gars qui va acheter des oeufs, pour faire un cake marbré vanille chocolat ?
Attention, c’est une histoire assez affligeante, qui s’adresse à un public averti.

Je revenais donc des courses du vendredi soir, et dans la voiture s’était entassée une bonne quantité de biens variés, allant de la chaise réparée et remise par mon papa l’après-midi même, de linges nettoyés et repassés par ma maman, confiés à mes bons soins en même temps que la chaise précédemment citée, d’une imprimante offerte par mes parents, et du produit de mes courses.
Bien sûr, je dispose d’une caisse pour y entasser mes commissions, ce qui est plus pratique au même de tout débarquer à l’appartement. Et cette caisse, je l’avais vraiment bourrée à donf. Et les œufs trônaient en majesté au sommet du tas de marchandises. La logique aurait voulu que je les planque correctement, de manière à prévenir tout accident intempestif. Mais… moi et la logique… Puis il faut savoir prendre des risques dans la vie.
Mais ce vendredi soir, la chance avait déserté mon quotidien, si bien qu’à peine entré dans le hall de ma paisible demeure, Cambouis me sauta quasiment au cou, et, de surprise, j’esquissai un mouvement brusque qui entraîna la chute brutale de la dizaine d’œufs, qui se fracassèrent avec fracas contre le sol.
Stupeur !
J’éloignai immédiatement la chatte, et bondit à la cuisine (Avec une caisse pleine à ras bord, qui pèse dans les vingt kilos, l’exploit mérite d’être cité !), pris le papier cuisine ultra absorbant et ramassait l’albumine gluante mélangée au jaune.
Une fois l’étrange substance ramassée, je sauvai les deux œufs restés miraculeusement intacts, les nettoyai sous un jet d’eau froide, puis récupéré le peu de matière qui ne s’était pas répandue sur le linoléum de l’entrée.
Je préparai à toute vitesse ma pâtisserie qui, de l’avis général, se révéla délicieux. Et comme cet article se trouve dans la catégorie la cuisine de la panthère, voici, en exclusivité mondiale, ma recette du cake marbré :

medium_patisserie.jpgPrenez une quantité indéterminée d’œufs, dont vous ne pourrez pas, même si vous vous appelez David Copperfield, séparer le blanc du jaune. De toute façon, ce n’est pas nécessaire. Passez environ cent cinquante grammes de farine au tamis, puis ajouter la même quantité de sucre semoule. Faites fondre un demi paquet de beurre, ou un peu moins, ça dépend si vous aimez ça. Mais ne pensez pas : « Mon cake sera plus light si je ne mets pas trop de beurre. » Non. Car quand on se fait un cake, c’est qu’on ne fait pas régime. Bref. Mélangez dans un grand bol le beurre et la moitié du bol à œufs à la farine et au sucre. Ajoutez encore une pincée de sel.
Quand l’appareil est prêt, versez le dans un bac qui va au four. S’il est métallique, beurrez-le.
Ensuite, recommencez le cirque en incorporant de la poudre cacaotée, genre Nesquick. Déposez cette seconde génération de pâte sur la seconde, puis placez le tout au four pendant une petite heure à feu moyen.


Moralité : pour préparer un bon cake, laisser choir au préalable les œufs, dont la chute est un exhausteur de goût !

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