vendredi, 11 août 2006
Paris 29 août
7h30: Première constatation: trop bu hier soir chez Michou. Expérience à ne pas réitérer ce soir, si je veux toujours être frais pour la visite du Louvre. Me rappelle plus qui dort dans le lit jumeau à côté de moi. Ah oui, Nancy…
7h31 : Aaaaaaah, dehors c’est le four, à nouveau ! Fichtre.
8h03 : Petit déjeuner. Extrait :
« La serveuse : vous êtes combien à cette table ?
Chœur : Cinq.
Aline : Pourquoi, on est rationnés ? (Sous-entendu : déjà qu’on loge dans un hôtel pourri !)
La serveuse, timorée : Non, mais en fait c’est un croissant et un morceau de baguette par personne.
(Silence)
Aline : Oui, ben c’est ce que j’ai dit, mais avec d’autres mots… »
…
9h00 : Achat de petits pains au chocolat au Shopi du coin.
Quelle idée de servir des petits déjeuners tellement minables à l’hôtel ! Et juste de la confiture à … la confiture (Je refuse catégoriquement d’essayer de découvrir en quoi elle consiste !) pour tartiner sa baguette. Minable ! (A prononcer à la « Brabant Wallon »).
M’admire devant une glace. T-shirt noir Décathlon (A fond les formes), panta-short Zara, ou Celio, tennis blanches d’une marque dont le nom n’intéresserait personne.
9h51 : Devant Beaubourg. Spécial. Disons que ça n’a d’égal nulle part ailleurs. L’architecture est signée Renzo Piano et Richard Rogers. Culture : Le centre Pompidou (son autre nom) est né de la volonté du président de la République Georges Pompidou (Qui l’eut cru ?) de créer au sein de Paris un espace multiculturel dédié à la création moderne et contemporaine.
10h03 : Viens de comprendre que si on ne rentre pas pour commencer notre visite, c’est parce que le musée n’ouvre qu’à 11h. Comme c’est gai !
10h10 : Promenade et séance : « photos créatives » autour de la fontaine sise place Igor Stravinsky, juste à côté du centre : il s'agit la fontaine de Tinguely et Niki de Saint Phalle.
10 h27 : Bon ! Ben je crois qu’on a fait le tour ! A propos de tour, si on faisait celui du centre Pom(pom)pidou (Elle était facile…) ? Côté nord, puis sud, est, etc...
11h00 : Ca ouvre et la foule s'avance ! Merveilleux, prodigieux, génial, quelle audace, quelle authenticité !
11h01 : Ouvre mon sac à l’attention des vigiles. Me demande si Beaubourg compte parmi les cibles privilégiées des terroristes. Mais bon, les choses étant ce qu’elles sont, et sachant ce que l’on sait… De bonne grâce, je les laisse scanner des yeux ma besace.
11h03 : Hall d’accueil immense, file d’attente pas (encore) vraiment proportionnelle. Le prix en revanche bien. Découvre que l’art contemporain se consacre aux bourses bien garnies exclusivement. N’oublions pas que Pompidou était de droite, finalement.
13h14 : Sortons de « l’usine ». Aaaaaaah, l’art contemporain ! En fin de compte, c’est pas un tort que ça taxe autant ; combien d’arnaques pseudo artistiques là-dedans ? Difficile de séparer le bon grain de l’ivraie en tout cas. M’enfin, allez, je vais quand même citer quelques œuvres qui ne m’ont pas laissé indifférent. Citons d’abord l’exposition consacrée au mouvement des images, une « relecture de l’art du XXe siècle du point du vue du cinéma ». Des films projetés sur les cymaises de Beaubourg, donc, donnent à voir une forme d’expression mouvante. Mon numéro un dans la catégorie:
« Volstar Barbie », de Claude Lévêque, une pièce entièrement rose, éclairée de néons roses, avec une énorme chaussure talon aiguille à la Oldenburg ; viennent ensuite les défilements de Warhol, de Picasso et aussi d’artistes franchement moins connus (Adach, Hein, Judo, Rossler, etc.), les montages de Man Ray, de Braque, Delaunay, Beuys, Le Corbusier, les projections de Picabia, Richter, Becon, Arp. Et tous leurs amis. Ah ! Le mouvement dans l’art, une grande histoire d’amour ! Et comme le disait Sergueï Eisenstein, le célèbre cinéaste russe : « Le montage au cinéma n’est que l’application d’un principe plus général. » Entendez : y a pas que les films à voir, y a aussi une autre forme d'expression, plus prise de tête. En vrac encore : visite éclair de l’exposition consacrée à Jean Bazaine, Alfred Manessier et David Smith (J’aime bien celui-là !).
Me retrouve exténué après ce déferlement de considérations intellectuelles très complexes, et très inaccessibles pour mes six pauvres neurones.
13h15 : rassasiés de masturbation intellectuelle, nos estomacs crient néanmoins famine. Pause dans un bistrot parisien en face du centre Pompidou. Serveur infect. Repas valable.
14h15 : Un rien somnolant, nous partons à la découverte des Champs Elysées (Palalala !). Flânons dans les boutiques chiques, un peu gênés de nos habits de provinciaux. Vuitton, Zara, Renault (Je sais, c'est moins glamour, tout de suite, mais passons. Renault, donc, où nous découvrons une splendide Clio entièrement recouverte de bonbons à la fraise Haribo… Me demande si personne n’a essayé de manger la voiture. Ca sent tellement bon les fumets chimiques qui font saliver ! Sinon, un chouette show-room, avec en sus des expériences « five senses » à réaliser soi-même).
Chez Hugo Boss, découvre que je suis né pour porter ces vêtements. En plus, l’un des vendeurs me fait littéralement fondre : la créature la plus divine de la Création ! Grand, brun, regard d’un bleu azur profond, sourire enjôleur, … Hum…
16h30 : Séparation du groupe. Je retourne vers le musée d’Orsay.
17h00 : Suis arrivé trop tard à la caisse. Ne peux plus rentrer. M’en retourne vers les quais, où je me promène, l’âme sereine. Puis passe par Notre Dame. Discute quelques instants avec un libraire autochtone. La littérature le passionne. L’écouter est un régal.
18h30 : Retour à l’hôtel. Séance métro. Tente de ne pas me tenir à la barre pour faire vrai Parigot. Amélioration, mais peut encore mieux faire. Douche salvatrice. Envie de siester un petit peu devant la télé. Reportage passionnant sur l’archéologie en Afrique noire sur Arte. Je sombre.
20h00 : Arrivée du quasi grand complet de la troupe initiale. Décidons de dîner dans un petit bistrot typique de Montmartre. Flaire l’arnaque à plein nez.
21h00 : le bistrot où les connaisseurs voulaient nous amener est plein de chez plein, genre pas moyen d'y caser un Biafrais anorexique. Un gentil Parisien (Si, ça existe !) nous conseille de continuer tout droit pendant quelques centaines de mètres. On finira bien par tomber sur une petite gargote (Tiens, ce n’est pas une spécialité du Nord-Pas-de-Calais ? Private joke…) conviviale et bon enfant. Les purges qui nous accompagnent semblent très en forme. Racontent bruyamment leur expédition du jour. Ecoute à peine. Comme quoi, rien ne sert de parler fort, il suffit de dire des choses intéressantes…
21h09 : Avons trouvé de la place dans un bouisbouis assez … typique. La patronne m’énerve d'amblée. Elle gueule comme si les trompettes du jugement dernier avaient déjà retenti et assourdi l’ensemble de l’humanité. N’ai aucune envie que ce repas s’éternise.
21h14 : Tentative pour se mettre d’accord sur un programme commun. Impossible. Certains veulent choisir un menu (à un prix fort raisonnable il est vrai), d’autres un simple plat. N’aurai jamais la patience d’attendre trois services avec à ma table certains de mes compagnons de voyage. En plus, j'ai pas assez de place pour mes pattes de sauterelle. M’entête donc à ne prendre qu’une salade de chèvre avec lardons.
21h15 : Essaie de faire comprendre à la patronne qu’il serait préférable, pour les boissons, de servir directement deux bouteilles de rosé. En outre, aimerais bien une carafe d’eau, à la place d’une Badoit, car je n’aime pas l’eau pétillante. La patronne fait la sourde oreille. Toute en bouche, cette femme… Et en postillons. N’ai déjà plus faim.
21h19 : (Service peu rapide, malgré l’air affairé des serveurs et de la patronne. Beaucoup de bruits pour rien, beaucoup d’air brassé en vain, trop de mouches du coche, ici, finalement !). La discussion s’emballe avec les neuneus. Aline et moi nous retranchons dans une conversation privée à deux. Passons pour les snobs de service, ce qui, en fait, reflète un peu la réalité.
21h45 : En dépit des allées et venues incessantes de la patronne, atrocement laide par ailleurs, qui me bouscule à chacun de ses passages, attendons une éternité nos plats. N’aime pas du tout cet endroit.
21h51 : Les plats arrivent. Mange. Pas top. Faut bien se sustenter. Me rattrape sur le rosé.
22h00 : Ai fini mon assiette. Mon verre, aussi. Réfléchis à la pertinence de quitter la tablée sitôt que les mangeurs de menus auront fini leur plat principal. Ouais, me paraît bien, en fait…
22h15 : Les plats principaux n’arrivent pas.
22h16 : Vient de faire remarquer à la patronne que j’en ai marre qu’elle me fonce dessus à chacun de ses passages. Regard assassin. Même pas peur !
22h24 : Les plats ! Une véritable poésie que la « spécialité » du « restaurant » (Dépassement du quota du nombre de guillemets décemment acceptable dans une proposition, mais pas possible de faire autrement…) : des magrets de canard (gras) au melon de Cavaillon. Selon moi, la logique voudrait que les magrets soient au centre de l’assiette, et le riz en accompagnement sur le côté. Hé bien non ! Ici, c’est l’inverse. Un gros pâté de riz nageant dans une sauce orangée, tout droit sortie d’un sachet Knorr, enfin c’est mon avis, in the middle of the plate, et trois pauvres morceaux de canard autour… Haute gastronomie, chaud devant !
22h45 : Propose à Aline de s’arracher. L’idée séduit. On va préparer nos sous, et se casser vite fait, quitte à déclencher un tsunami de réactions douces-amères.
23h00 : A l’air libre. Huuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuum ! So nice ! Les autres nous ont expliqué qu’ils visiteront ce soir le seul musée parisien ouvert la nuit : le musée de l’érotisme. (« M’intéresse pas dans un musée, ça ! »)
23h08 : M’arrête acheter une crêpe au Nutella pour le dessert. Pas terrible. La glace d’Aline non plus ; elle finira d’ailleurs sa fulgurante carrière dans le fond d’une poubelle (La glace, pas Aline).
23h15 : Petite promenade dans les ruelles de la Butte. Délicieux moment de douceur et de rêverie, en bonne compagnie.
00h04 : Sur les escaliers du Sacré Cœur. Admirons Paris, la nuit. Ces lumières dessinent une ville lumineuse, et pour une fois, aucune mauvaise odeur ne vient nous rappeler que Paris, c’est bien pourri quand même. Dans ces moments-là, on comprend comment cet endroit s’est taillé la place de lieu le plus chou de la planète. « Paris, je t’aime quand même. »
00h45 : En route vers l’hôtel. L’ambiance au dehors est fort agréable, mais le sommeil nous gagne.
01h30 : Les schtroumpfs reviennent du musée de l’érotisme, avec toute la discrétion qui les caractérise.
02h42 : Crise d’angoisse rapidement jugulée. Trop d’émotions à l’intérieur de mon petit moi. Mes brigands me manquent. Demain… Le Louvre…
16:00 Publié dans Paris tout ce que tu veux | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note



Commentaires
Ban, il est pas mal ton commentaire ! :) J'ai bien aimé !
Ecrit par : christelle | vendredi, 11 août 2006
Oui, finalement, l'inspiration est venue! ^^
Ecrit par : Cédric | vendredi, 11 août 2006
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